Et quelques bornes disparues : celle du Grand Tournant du Sanatorium de Saint Pons de Thomières, celle du village d’Anglès, et celle du pont suspendu de Poujols sur Orb.
Mais commençons par quelques mots sur ces bornes et panneaux Michelin pour ceux qui ne connaissent pas…
Nous détaillerons ensuite quelques panneaux originaux ou méconnus…
Les bornes et panneaux Michelin font partie du patrimoine routier français et illustrent les débuts de la signalisation moderne. Leur histoire commence au début du XXème siècle, alors que l’automobile se développe rapidement mais que les routes manquent encore d’indications fiables. Dès 1910, l’entreprise Michelin décide d’équiper gratuitement le territoire en panneaux directionnels et en bornes kilométriques.
Entre 1911 et 1914, environ 30 000 plaques émaillées sont ainsi offertes et installées dans les communes françaises. Après la Première Guerre mondiale, Michelin développe des dispositifs plus complets, notamment les célèbres bornes en béton armé. Dans les années 1930, le réseau devient très dense : on estime qu’en 1939, environ 70 000 panneaux Michelin sont en place sur les routes de France.
Ces équipements sont conçus pour durer. Les plaques sont réalisées en lave émaillée, un matériau extrêmement résistant, fixé sur des supports en béton armé. Une borne Michelin peut peser jusqu’à près de 500 kg, ce qui explique leur solidité… Mais aussi leur danger en cas de choc… Une cause avancée pour leur suppression…
À partir de 1931, la signalisation est progressivement encadrée par l’État, puis entièrement normalisée après 1946. Michelin continue néanmoins à produire ces panneaux jusqu’en 1971, date de l’arrêt définitif de cette activité.
Aujourd’hui, ces bornes et panneaux n’appartiennent plus à Michelin : ils relèvent généralement du domaine public local (communes ou départements), même si beaucoup ont disparu. Il en subsiste encore plusieurs milliers, considérés comme du « petit patrimoine » routier, parfois restaurés par des associations ou des passionnés.
On peut notamment citer le formidable groupe Panneaux Michelin sur Facebook !
Ces objets témoignent d’une époque où une entreprise privée participait directement à l’aménagement du territoire, et restent aujourd’hui des symboles emblématiques de l’histoire de l’automobile en France.
Maintenant entrons dans le détail de quelques bornes et panneaux Michelin.
Bordevieille est un lieu-dit de la commune de Riols, 34220.
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Hello ! 👋
Le temps étant plus ensoleillé ☀️la "chasse" aux panneaux peut reprendre😁
En voilà un qui est très très bien caché 🫣dans la forêt des Monts du Somail au nord du village de Riols, dans le département de l'Hérault, 34. 🫣
Il indique le hameau de Bordevieille, sur ses 2 faces 🤩
Le hameau apparait sur la carte Michelin de... 1925 !
Le chemin IC69E est devenu aujourd'hui D57...
Le panneau lui est toujours daté d'avril 1937... 😉
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Bonjour amateurs de Michelin 👋
Bientôt un anniversaire 🎂🥂🍰🍾🎉 89 ans !
Non loin du parcours du Rallye de l’Hérault Grand Orb qui s’est tenu récemment nous avons remarqué ces 2 plaques qui signalent l’entrée à Rosis 😲
Rosis (34160) est un coin perdu ... Oups ... Pardon, Rosis est une petite commune rurale sur le chemin du sommet de l’Espinouse, elle comptait 279 habitants en 2023.
1️⃣La plaque située à l’Est est aujourd’hui très « camouflée » par la végétation et surtout se trouve fixée sur une maison au bord de la route (D180) qui est maintenant « privatisée » …
43.621389,3.005900
2️⃣La plaque située à l’ouest est fixée elle aussi sur une maison et elle est datée du 28 avril 1937.
43.622181,3.004129
Elles vont donc avoir 89 ans dans quelques semaines ! 🎂🥂🍰🍾🎉
Copie de notre post.
Hello amateurs de bornes Michelin 👋
C’est en refaisant mardi le parcours du dernier Rallye de l’Hérault Grand Orb que lors d’une liaison nous sommes tombés sur cette jolie borne en assez bon état 🤩
Elle est donc située à L’Horte, un des 6 hameaux qui composent la commune de Taussac la Billière, 34600.
C’est d'ailleurs à L’Horte que se trouve la mairie des 460 habitants de Taussac…
La borne avait été déjà repérée par Jean-Pierre Gordini en janvier 2019 👍 mais elle semble aujourd’hui en (léger) meilleur état.
Les chemins de "Grande Communication" 22 et 13E sont devenus Départementale 22 et Départementale 13E12
La borne est située exactement ici : 43.620567, 3.072507
Ce n’est pas très lisible mais elle date très certainement du 28 avril 1937.
En effet, le style du "4" pour le mois d'avril ressemble à un "11" mais d'autres bornes ou panneaux du secteur sont bien plus lisiblement datés avec un "4" 😉
À l’entrée du hameau de La Caminade, sur la commune de Prémian, se trouve ce grand panneau Michelin.
Il marque l’arrivée dans un petit ensemble d’habitations dispersées sur les pentes de la vallée du Jaur, aujourd’hui encore identifiable comme un lieu-dit de la commune.
Ce panneau en béton armé et recouvert de lave émaillée signale l’entrée du hameau, l’église est quelques mètres après lui.
Il est vraiment de grande taille pour un hameau faisant partie de la commune de Premian qui ne compte au total que 480 habitants !
Ce panneau est daté du 28 juillet 1949.
À l’entrée du village de Combes, le long de la D180, se trouve encore aujourd’hui un panneau Michelin (presque) bien conservé, daté du 28 avril 1937, une période où la signalisation de ce type était largement déployée dans la région. Comme beaucoup d’exemplaires de l’Hérault, il se compose d’un support en béton armé sur lequel est fixée une plaque en lave émaillée, réputée pour sa lisibilité et sa grande résistance aux intempéries.
Implanté à un point stratégique, ce panneau signale l’arrivée dans le village tout en orientant les automobilistes vers les localités voisines, participant ainsi à structurer les déplacements dans une vallée où les routes restent étroites et sinueuses. Sa présence témoigne de l’attention portée par Michelin à mailler même les axes secondaires dans les années 1930.
Le village de Combes est une petite commune rurale nichée dans la vallée de l’Orb, à proximité de Bédarieux. Marqué par son passé agricole et minier, il s’inscrit dans un paysage de collines boisées typique du Haut-Languedoc. Discret mais chargé d’histoire locale, il conserve aujourd’hui encore ce panneau comme un élément emblématique de son patrimoine routier.
Mais, s’il est toujours là, il a été abimé sur un côté qui a complétement disparu…
Cependant l’essentiel est là, doublé par un panneau moderne sur le côté opposé de la route.
Enfin, il semblerait qu’il existe toujours l’autre panneau d’entrée du village, celui de l’autre côté du village mais nous ne l’avons pas vu…
Sur la commune du Pin, dans le secteur du Haut-Languedoc, un panneau Michelin ancien subsiste encore aujourd’hui, bien qu’il ait été déplacé de son emplacement d’origine.
Désormais installé au fond d’une place qui sert en partie de parking, il se trouve en retrait de la route, alors qu’il était initialement probablement implanté en bordure de la D160 E5, à un point stratégique de circulation.
À l’origine, ce panneau marquait vraisemblablement l’entrée du village comme c’était l’usage pour la signalisation Michelin.
Placé directement en bord de chaussée, il permettait aux automobilistes d’anticiper leur itinéraire dans une zone de routes étroites et sinueuses.
Le fait qu’il se situe aujourd’hui à proximité de la fin des épreuves spéciales 2, 4 et 6 du Rallye de l’Hérault Grand Orb rappelle d’ailleurs que cet axe reste un itinéraire dynamique et technique, apprécié pour la conduite.
Comme les autres panneaux de la région, celui du Pin est constitué d’un support en béton armé surmonté d’une plaque en lave émaillée, garantissant une excellente durabilité. Son déplacement, probablement motivé par des raisons de sécurité ou d’aménagement routier, a permis sa préservation, même s’il a perdu sa fonction initiale de guidage.
C’est un des plus récents que nous ayons trouvés, il est daté du 8 octobre 1949.
Le village du Pin est une petite commune rurale typique de l’arrière-pays héraultais, caractérisée par un habitat dispersé et un environnement naturel marqué par les reliefs boisés du Haut-Languedoc. Discret et peu peuplé, il s’inscrit dans un territoire où les routes ont longtemps structuré la vie locale, reliant entre eux hameaux et vallées.
Aujourd’hui, ce panneau déplacé reste un témoin précieux du réseau routier ancien : même sorti de son contexte d’origine, il continue d’évoquer une époque où chaque carrefour, chaque entrée de village, était signalé avec soin pour accompagner les premiers automobilistes…
Copie de notre post :
Hello ! 👋
Nous sommes toujours dans nos tournants de la route de Saint Pons de Thomières à Lacaune en passant par La Salvetat sur Agout ! 😁
Un tournant souvent photographié 🤩 et dont parle Genevieve Laure dans un commentaire, c’est celui du Sanatorium de Saint-Pons-de-Thomières ou Sanatorium de Bayssières ou Sanatorium Michel Peiry ou Centre d’Asthmologie du Somail ! 🤪
Abandonné semble-t-il, il est désormais le terrain de jeux d’amateurs d’Urbex et figure dans leur catalogue 😲
Nous avons évoqué ce virage dans le cadre d’une publication Michelin car une borne y fut installée pendant quelques années…
Elle était précisément située à l’intersection de la D907 et de la D55 un peu au nord de Saint Pons de Thomières, dans l’Hérault, 43.517539, 2.731982😉
Copie de notre post :
Voici une belle borne Michelin retrouvée sur des cartes postales anciennes mais qui n’existe plus sur place… 😢
Elle se trouvait dans le village d’Anglès, dans le Tarn, exactement ici : 43.564771,2.564145
Elle indiquait d’un côté la direction de Saint Pons de Thomières, l’actuelle D68 et de l’autre côté la direction de La Salvetat sur Agout, par l’actuelle D52.
Une croix était également installée à cette bifurcation et elle est toujours présente !
En revanche difficile de savoir si elle a bougé (légèrement) de sa place au cours du temps…
Situé à Le Poujol-sur-Orb, le pont suspendu qui franchit la rivière Orb constitue un témoignage typique des ouvrages d’art du début du XXème siècle. Mis en service en 1932, il appartient à la génération des petits ponts suspendus métalliques destinés à désenclaver les vallées et à accompagner le développement de l’automobile.
À cette époque, la route qui traverse le pont joue un rôle important pour relier la vallée de l’Orb aux reliefs environnants, notamment en direction du hameau de Plaussenous.
Juste après la traversée, sur la rive sud (côté montée vers Plaussenous), se trouvait autrefois une borne Michelin implantée sur la droite de la chaussée.
C’est celle que nous voyons sur l’ancienne carte postale que nous avons trouvé.
Ce positionnement n’était pas dû au hasard. Les bornes Michelin étaient souvent placées à la sortie des ponts ou aux carrefours stratégiques, là où le conducteur devait faire un choix de direction.
Ici, la borne signalait la montée vers Plaussenous, une route sinueuse et escarpée qui s’élève rapidement au-dessus de la vallée, avec environ 7 km d’ascension à plus de 6 % de pente moyenne.
C’est d’ailleurs une route d’une épreuve spéciale du Rallye Hérault Grand Orb que nous avons empruntée !
Comme ailleurs en France, cette borne était probablement constituée d’un socle en béton armé surmonté d’une plaque en lave émaillée indiquant les directions et distances. Elle participait à guider les automobilistes dans une région encore peu équipée en signalisation officielle.
Aujourd’hui, la borne a disparu, mais son emplacement reste révélateur de l’organisation ancienne du réseau routier : un pont, une bifurcation importante, et un repère visuel durable pour les voyageurs. Ce type d’implantation illustre parfaitement la logique Michelin, qui consistait à structurer les itinéraires à une époque où voyager en voiture relevait encore de l’aventure.
Ainsi, le pont suspendu du Poujol-sur-Orb et la borne qui l’accompagnait formaient un ensemble cohérent : un ouvrage facilitant le passage, et un jalon permettant de s’orienter dans le paysage.
Nous terminons ici cette liste où nous avons traité des panneaux un peu originaux ou méconnus car il y en a d’autres dans ce coin de l’Hérault !