Lors de notre récente balade nous avons rencontré beaucoup de chaleur !
Notamment dans la Sarthe, exactement dans la forêt de Bercé au sud du Mans, nous avions rencontré les effets spectaculaires de la canicule. Sous une température qui atteignait 43,5 °C au thermomètre de notre Z, le revêtement routier semblait littéralement ramollir.
Le bitume devenait collant et chaque kilomètre projetait de petites gouttelettes noires sur les bas de caisse, les ailes et l'arrière de la voiture…
Malgré les gravillons répandus par endroits pour limiter le phénomène, le remède paraissait parfois presque aussi désagréable que le mal : les projections continuaient et le nettoyage promettait d'être long...
Heureusement il n’y avait personne sur la route, donc pas de projections de gravillons à émettre ou à recevoir…
Voir notre article complet sur ces routes :
https://z4du34.com/2026/07/la-superbe-foret-roiale-de-berce-et-son-goudron-fondant.html
Après le pique-nique nous avons fait un tour dans la forêt.
Sur les routes à l’ombre du feuillage des arbres magnifiques de la forêt rien à signaler, route normale, un peu d’herbe au milieu, mais un revêtement correct.
En revanche, dès que la route n’était plus protégée par la végétation le bitume fondait, collait aux pneus, et de petites gouttelettes étaient projetées sur Z…
Le lendemain, en Mayenne, du côté de Sainte-Suzanne et Chammes, lorsque nous cherchions le belvédère du Tertre Ganne, le décor changeait complètement.
De nombreuses routes étaient devenues... Blanches.
Ce n'était ni du béton ni une peinture, mais un traitement au lait de chaux.
En réfléchissant une partie des rayons du soleil, cette fine couche claire réduit l'échauffement de la chaussée de plusieurs degrés. Un enrobé plus frais se déforme moins, résiste mieux aux fortes chaleurs et limite le risque de voir le bitume remonter à la surface.
Face à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, cette technique, déjà employée dans plusieurs départements français, apparaît comme une solution simple, rapide et relativement économique.
Mais à priori c’est davantage dans l’ouest et l’est de la France que les expérimentations sont désormais passées en application.
Pour l’automobiliste, elle offre aussi une curiosité inattendue : après les routes noires qui fondent sous les pneus, voici les routes blanches qui cherchent à rester fraîches.
Deux réponses très différentes à un même défi climatique, rencontrées à seulement quelques dizaines de kilomètres d'intervalle…
Petite précision technique : le lait de chaux n'empêche pas totalement le bitume de vieillir ou de fondre lors d'épisodes exceptionnels, mais il peut diminuer la température de surface de 5 à 10 °C, parfois davantage selon les conditions.
Pour ceux qui veulent en savoir plus :
Et
Baisser la température de la route c'est précisément ce qui intéresse aujourd'hui plusieurs départements confrontés aux canicules répétées.
On voit ainsi apparaître un véritable laboratoire à ciel ouvert sur les routes françaises, où chaque collectivité teste des solutions pour préserver les chaussées tout en limitant les coûts d'entretien.
Quelques jours plus tard, le souvenir de cette route surchauffée et de ce bitume fondant est toujours bien présent...
Mais cette fois dans le jardin !
La carrosserie de notre Z est constellée de centaines de minuscules points noirs, autant de projections de bitume arrachées à la chaussée ramollie.
Nous avions déjà rencontré ce problème il y a une paire d’années lors d’un passage, qui fut obligatoire, sur une route où l’enrobé était en cours de pose !
Donc nous avons utilisé la même procédure.
J’ai commencé le nettoyage.
Il s'annonce patient et méticuleux.
Armé d'un détachant spécial goudron acheté chez Auchan il y a 2 ans, je procède centimètre par centimètre : application du produit, quelques instants d'attente, puis un léger frottement avec un chiffon doux pour décoller les taches sans abîmer la peinture.
Le résultat est efficace, mais le travail sera long.
Une manière très concrète de mesurer les effets d'une température exceptionnelle sur nos routes...
Et un souvenir de voyage dont notre Z4 se serait bien passée !
Petite précision !
Dans le secteur des travaux routiers, les termes bitume et goudron sont régulièrement utilisés.
Pourtant, ces deux matériaux sont bien différents et n’ont pas les mêmes propriétés ni les mêmes usages.
Le bitume est un liant hydrocarboné d’origine pétrolière. Il est obtenu lors du raffinage du pétrole brut. Solide à température ambiante, il devient fluide à chaud et s’utilise principalement pour les enrobés routiers.
Caractéristiques du bitume :
Le bitume peut également être conditionné sous forme de pains solides, qui sont chauffés dans un fondoir pour permettre le colmatage des fissures sur les chaussées en enrobé.
Ces opérations permettent de prolonger la durée de vie des revêtements routiers.
Le goudron, quant à lui, est un sous-produit issu de la distillation destructive de matières organiques comme le bois ou la houille. Très utilisé autrefois, il est aujourd’hui quasiment abandonné dans les travaux routiers.
Propriétés du goudron :
Depuis 1993, le goudron est désormais interdit dans les enrobés routiers modernes, notamment en zone urbaine ou résidentielle, en raison de ses risques sanitaires et environnementaux.
Seuls quelques usages marginaux subsistent dans certains contextes industriels, mais jamais en voirie classique.
Dans le langage courant, le mot goudron est souvent utilisé à tort pour désigner l’enrobé bitumineux, qui contient du bitume. Cette confusion s’explique par l’usage ancien du goudron avant l’avènement des produits pétroliers modernes.
Merci au site https://www.sudliants.fr/ pour ces précisions !