Commençons par un peu d’histoire…
Armand Fallières est né le 6 novembre 1841 à Mézin et mourra le 22 juin 1931 à Villeneuve-de-Mézin.
Il est issu d'une famille de propriétaires ruraux de l'Albret, localisée à Mézin.
Après ses études, Armand Fallières devient avocat à Nérac.
Le 14 janvier 1868, Armand Fallières épouse, au cours d'une cérémonie civile se tenant à la mairie de Nérac, Jeanne Bresson (1849-1939). Le couple a deux enfants : Anne-Marie Fallières et André Fallières.
Il gravit tous les échelons de la politique, maire de Nérac, conseiller général de Lot-et-Garonne, député, ministre (10 fois) et président du Sénat.
Il était donc l’homme de la situation pour prendre la responsabilité suprême, ce 18 février 1906.
Il devint donc président de la République Française et il le fut du 18 février 1906 au 18 février 1913.
Ce fut le huitième président de la IIIème République.
"Le Congrès de Versailles a élu un Républicain. Il n’essayera pas du pouvoir personnel, éloignera de lui toute idée d’aventure, laissera le Gouvernement gouverner et le Parlement légiférer.
Telle sera, pendant toute la durée du septennat qui commence, la conception politique qui règnera à l’Elysée."
Ses présidents du Conseil les « premiers ministres » de l’époque, il sait les choisir : Clémenceau, Briand, Caillaux et Poincaré. Et pendant ses 7 années de présidence, il va soutenir des textes importants : la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat – des lois sur les retraites, sur le repos dominical, et l’installation dans la région de l’appellation Armagnac !
C’est un amateur de vins et il n’abandonnera jamais sa propriété et son vignoble du Loupillon à Villeneuve de Mézin.
Et tout début octobre, en 1906, jeune Président de la République, il n’a que 65 ans, il vient rendre visite à sa belle ville de Mézin.
Trois jours de fêtes !
Un banquet de 1 000 convives !
Jamais, dira-t-on, la République n’a été aussi heureuse que sous Fallières...
Le mandat présidentiel d'Armand Fallières se termine en 1913.Après réflexion, le chef de l'État sortant choisit de ne pas se représenter pour un second mandat de sept ans, justifiant sa décision par la phrase : « La place n'est pas mauvaise, mais il n'y a pas d'avancement. ».
Retiré de la vie politique, l'ancien président Fallières prend le temps de se reposer dans sa résidence de Loupillon à Villeneuve-de-Mézin, au milieu de son vignoble.
Armand Fallières meurt dans sa résidence de Loupillon des suites d'une crise cardiaque, le 22 juin 1931, près de vingt ans après avoir quitté l'Élysée.
Pour compléter son portrait voici un bel article d’Alexandre Abellan du 23 avril 2017.
« … Retour sur un « républicain de gauche » du Sud-Ouest, qui présente la particularité d’avoir été président sous la troisième République tout en restant vigneron.
« Ce n’est pas lui qui aurait vendu aux enchères les caves de l’Elysée ! » s’exclame Bruno Fuligni, dans La Folle Histoire : les Gourmands Mémorables (éditions Prisma, 2015).
Revenant sur Armand Fallières, dans le deuxième numéro de la revue 12°5 (en kiosque, 20 €), l’historien s’attache à faire revivre la ferveur populaire qui a entouré le président vigneron de la troisième République française.
Élu de 1906 à 1913, le natif de Nérac (Lot-et-Garonne) ne s’éloigne pas de son terroir pour les ors élyséens.
« Toute la France entend alors parler de son clos du Loupillon : quand vient la saison des vendanges, le président quitte l’Élysée pour cueillir ses grappes » rapporte Bruno Fuligni. Pour qui « le coup de génie d’Armand de Fallières sera de ne pas vouloir changer ses habitudes : présidence de la République ou pas. Sans conseillers en communication ni agences ruineuses de fabricants d’image, le Président Fallières forge sa légende en étant lui-même. »
Sympathique par son air bonhomme et son ancrage vigneron, Armand Fallières n’en négocie pas moins durement la crise viticole de 1907 dans le Languedoc.
Il laisse le champ à Georges Clémenceau, chef du gouvernement et ministre de l’Intérieur, pour mater la situation insurrectionnelle qui gonfle dans le Midi, avec la surproduction.
Si le « premier flic de France » est critiqué pour sa gestion violente des manifestations, Armand Fallières est également pris à partie pour sa passivité calculée. Il est ainsi tourné en dérision sur une carte postale le caricaturant en tonneau : « ne venez pas me dire que l’on fraude les vins du Loupillon ! »
D’autres caricatures le montrent en Bacchus et déclinaisons alcooliques, transformant le clos Loupillon en Roupillon.
Avocat opposé à la peine de mort, il faut dire qu’Armand Fallières s’est attiré les foudres des conservateurs, usant de la grâce présidentielle à défaut d’avoir pu abolir la peine capitale.
Dans le vignoble du Sud-Ouest, il est connu pour un autre échec : celui de n’avoir pas réussi à faire infléchir la délimitation de la production des vins de Bordeaux.
Souhaitant que le Lot-et-Garonne y soit inclus, il a dû se faire à une restriction au seul département de Gironde en 1911.
Malgré sa popularité avérée, la tradition lui attribue même un poème viticole, Armand Fallières ne se représente pas à l’élection présidentielle de 1913. Il a laissé dans les recueils de citations un mot fameux, adressé à son successeur, Raymond Poincaré : « la place n’est pas mauvaise, mais il n’y a pas d’avancement. ».
« A la fin du XVIIIème siècle, le domaine de Loupillon appartenait à la famille de Noaillan, seigneurs de Villeneuve-de-Mézin ; il est vendu à la Révolution.
Une demeure à cour fermée figure sur le cadastre de 1833. La maison est reconstruite au cours du XIXème siècle : une photographie des premières années du XXème siècle présente un logis avec élévation ordonnancée à l'est et dépendances sur l'arrière, type le plus courant des édifices ruraux de la région.
Loupillon a été la maison de campagne d'Armand Fallières, plusieurs fois ministre, puis président de la République ; ce dernier fait transformer sa demeure en 1909 par Guillaume Tronchet, architecte en chef des Bâtiments civils et des Palais nationaux, auteur du théâtre d'Agen : la maison est agrandie à l'ouest et au sud, dotée d'élévations sur le jardin avec décor à l'italienne qui lui donnent l'apparence d'une villa. Une des grandes productions du domaine était le vin. ».
Malheureusement nous ne ferons que passer devant le domaine car il ne se visite pas…
En revanche on peut voir le buste d’Armand Fallières devant la mairie de Mézin.
Initialement, en 1938, il s’agissait d’une statue en pied mais le monument attira les foudres du gouvernement de Vichy qui le fit détruire, en 1942…
Encore de nos jours, Armand Fallières reste une grande figure locale de Lot-et-Garonne : le collège de Mézin porte son nom, ainsi que le lycée agricole de Nérac.
Enfin, dernier point, ce président nous semblait sympathique car nous connaissions son intervention pour la reconnaissance des vins de Cahors à la cour des Tsars de Russie…
Aujourd’hui nous ne faisons que passer devant Le Loupillon et continuons notre route pour Fourcès, encore un des plus beaux villages de France !
Quelle profusion de beaux villages dans cette région !