Nous voilà arrivés à Lamontjoie, de justesse dans le département du Lot et Garonne !
C’est là qu’Alain nous a réservé une (bonne) table…
A mi-chemin entre Agen et Condom, la bastide royale de Lamontjoie fut fondée en 1289 par le Sénéchal de l’Agenais sur ordre du Roi de France, Philippe Le Bel. Les habitants étaient réputés sujets directs du Roi, considéré comme seigneur de Lamontjoie.
En accordant une charte des coutumes à la bastide, le souverain offrit à l’église une relique de son grand-père, Louis IX, et baptisa la ville nouvelle Lamontjoie de Saint-Louis.
Lamontjoie vécut de nombreuses péripéties pendant la Guerre de Cent Ans. Passant successivement aux mains des Français et des Anglais, elle ne sortit pas indemne des luttes franco-anglaises. Elle ne revint à la couronne française qu’en 1530.
L’organisation spatiale de Lamontjoie a peu varié depuis sa création. C’est une bastide de taille modeste. Dix îlots constituent le tissu urbain. Les rues se coupent à angle droit. La place a été agrandie par la destruction partielle de l’îlot central. L’intérêt architectural réside dans la cohérence et l’homogénéité du bâti où la pierre domine. Elle conserve également une église du XVIème siècle qui abrite les reliques de Saint-Louis et un couvent du XVIIème siècle, le couvent des Clarisses.
Il y a actuellement environ 555 habitants.
Nous garons les Z et allons déjeuner à La Table de la Bastide.
Un moment convivial dans un décor chic et contemporain et surtout une cuisine inventive, raffinée, copieuse, faisant la part belle aux produits locaux.
Nous n’avons pas fait honneur aux vins pourtant sympas car conduite et alcool ne font pas bon ménage… Dommage !
Après un bon café nous reprenons la route et allons vers le sud.
La D131 se transforme en D41 lorsque nous quittons le Lot et Garonne pour passer à nouveau dans le Gers.
La route est déserte ! La nuit tombe…
Le soleil se couchant et les nuages s’amoncelant créent des éclairages superbes.
Mais photographier tout en roulant avec de faibles conditions de lumière n’est pas idéal…
Nous arrivons à la Romieu et stationnons les Z devant une des portes d’entrée de la ville avant de partir visiter à pied.
« La Romieu fût au départ un modeste prieuré fondé par deux moines de retour d'un pèlerinage à Rome, d'où le nom "larroumieu" signifiant en gascon "pélerin". Cette fondation serait datée de 1062.
Ce village était une sauveté car construit au fil des ans autour du prieuré.
Au XIVème siècle, issu d’une famille du village, Arnaud d’Aux de Lescout devint par l’intermédiaire de son cousin le pape Clément V un haut dignitaire de l’église pontificale. C’est à ce moment-là que le village pris plus d’importance dans le paysage gersois.
L’ensemble collégial fut bâti pour être le palais de la famille, et l’église son tombeau.
La Révolution française marqua un autre tournant dans la vie du village. En effet la commune se saisit du bien de la famille d’Aux. Il fut décidé la démolition de l’église Notre Dame qui était située sur la place actuelle du village et la collégiale fut conservée comme église paroissiale. Le palais appartenant à la famille fut démoli et vendu comme carrière de pierre, bien national.
Depuis cette démolition, la place actuelle nous fait penser à une Bastide (ville nouvelle) mais reste une sauveté. Vous trouverez marqué sur les pavés l’emplacement de l’ancienne église romane du village (ronds en métal).
Depuis cette période l’église collégiale est toujours propriété de la commune et reste l’église du village.
Au XIXème siècle de nombreuses congrégations religieuses étaient présentes dans la commune. La dernière fut les sœurs de la Providence (ancien couvent) qui quittèrent les lieux en 2006.
Une gendarmerie trônait à l’entrée Est du village. Elle fût fermée en 1954 et transformée en logements communaux.
On pouvait également trouver plusieurs écoles, privées ou publiques (à la place de la salle des fêtes, dans la rue Surmain, à l’ancien couvent, …).
En 2000, il n’y aura plus de prêtres en résidence à La Romieu et l’évêché vendit le presbytère (face à l’ancienne gendarmerie).
Aujourd’hui tourné vers le tourisme, le village de La Romieu a été récemment classé parmi les « Plus Beaux Villages de France ».
On pense que le pèlerin allemand Albert, avec un compagnon, serait à l'origine de la localité.
Tous deux avaient fait vœux de se rendre à Rome.
Après avoir visité la ville sainte et reçu la bénédiction du pape, ils s'en revinrent par la France et traversèrent la Gascogne afin de regagner Saint Jacques de Compostelle.
Afin de s'adonner entièrement à la prière, ils s'établirent dans un lieu solitaire de la forêt de Firmacon, que leur avait donné le vicomte de Lomagne.
La cella (église) fondée par les pèlerins devint rapidement le siège d'un prieuré bénédictin dépendant de Saint Victor de Marseille.
C'est ce qu'indique une charte du 28 mai 1082 par laquelle Odon, vicomte de Lomagne, et sa femme Adélaïde renouvellent solennellement à l'abbaye Saint Victor de Marseille la donation antérieurement faite au pèlerin Albert. A cette date une localité est en train de se développer à proximité de l'ancien ermitage et la charte énumère les droits, justices et privilèges qui y sont concédés aux moines marseillais.
Une première église, destinée au prieuré, fut construite sous le vocable de Notre Dame. Elle se trouvait sur la place actuelle du village de La Romieu, à l'ouest de l'église existante, près de l’office de tourisme.
Autour des cellules monacales construites par les pèlerins, s'installèrent les habitants. Cette ville était défendue par une ceinture d'épaisses murailles de 8 à 10 mètres de hauteur. Trois portes -"Miramont – Rouède – De la fontaine " y donnaient accès.
De nos jours, de ces trois portes, seule celle "de la fontaine" avec son aspect primitif est encore visible.
Le monument le plus ancien, la première église "Saint Jen de Rouède" fût jusqu'en 2005 le gîte d'étape des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Il est aujourd'hui ouvert en galerie éphémère.
Sur la route de Condom, une grande construction est aujourd'hui encore visible : c'est un ancien couvent de Clarisses, l'hôpital Saint Jacques, ayant appartenu à la famille d’Aux. (Maison privée).
Dans le quartier Est (dit "de Miramont"), on trouve la Collégiale construite de 1312 à 1318 par le Cardinal d'Aux (enfant du village, camerlingue et camérier du Pape Clément V) avec son cloitre et ses deux tours (clocher et tour octogonale) ainsi que le palais saccagé pendant les guerres de religion.
Au XIVème siècle, le village prit de l'importance lorsqu'Arnaud d'Aux, haut dignitaire de la Cour Pontificale et enfant du pays, éleva dans le village la Collégiale Saint Pierre (1312-1318), le cloître et le palais. Il transforma la communauté Bénédictine en un collège de 14 chanoines réguliers, dirigés par un doyen et un sous doyen.
Il sera pendant cette période très impliqué lors Procès des Templiers. Arnaud d'Aux mourut vers 1321 en Avignon; son corps repose dans un enfeu de la Collégiale, à droite de l’autel.
En 1569, le village et l'ensemble collégial ont souffert du passage des troupes protestantes de Montgomery. Le cloître fût incendié, les verrières murées.
Durant la Révolution, en 1790, La Romieu fût chef-lieu de canton. On brûla une partie des archives ainsi que le jubé qui séparait l'église en deux sections distinctes.
L'église romane Notre Dame située sur la place du village fut détruite, donnant la configuration actuelle du centre du village. La collégiale devint église paroissiale.
Au début du XXème siècle, La Romieu regroupait 850 habitants sur ses 2709 ha.
Actuellement il y a 570 habitants…
On pouvait retrouver tous les corps de métiers nécessaires à cette époque (maréchal ferrant, tonnelier, docteur, cordonnier, charpentier, coiffeur, épicier, ...). Les deux guerres (1914-1918 et 1939-1945) marquèrent la baisse de population.
De nos jours, la Collégiale et son cloître (classés Monuments Historiques depuis 1901) ont été inscrits au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO depuis 1998. La tour dite "du Cardinal", vestige de l'ancien Palais fût elle aussi classée Monument Historique en 1928.
Aujourd'hui, modeste village de 570 habitants, dépendant du canton de Lectoure, La Romieu reste un lieu très authentique, où l'histoire est encore inscrite sur les murs. Dominé par sa collégiale et ses imposantes tours, protégeant sa fontaine gothique, ce village en perpétuelle mutation réalise un parfait équilibre entre hier et demain.
Le village s’attache à une mise en valeur de son territoire. Depuis plusieurs années des aménagements ont été réalisés pour l’embellissement et le cadre de vie des Roméviens et des touristes. Grace à ces efforts, le village a obtenu en 2018 le label des « plus beaux villages de France ». Des visites de la collégiale classée à l’Unesco sont proposées tout au long de l’année. Jardins de Coursiana (classé Jardins Remarquables), les chemins de randonnée balisés contribuent à l’attractivité du territoire.
Village étape sur les Chemins de St Jacques de Compostelle, au croisement de la voie du Puy en Velay (GR65) et de Rocamadour (GR652), le village reste vivant en toute saison. ».
On peut ajouter au texte précédent, issu de la mairie de La Romieu, une belle légende…
Au début du XIVème siècle, le village de La Romieu connut une terrible période de famine.
Les récoltes furent détruites et la nourriture devint si rare que les habitants, désespérés, commençaient même à manger les chats, qu’ils considéraient comme une bouche de moins à nourrir.
Dans ce contexte vivait Angéline, une petite orpheline recueillie par un couple du village.
Angéline adorait les chats. Elle en avait plusieurs qu’elle soignait comme une famille. Mais voyant ce qui se passait, elle décida de cacher ses chats pour les protéger : elle les conserva discrètement dans le grenier, les nourrissant en secret.
Peu à peu, avec presque tous les chats mangés par les villageois, les rats proliférèrent.
Ils envahirent les réserves, détruisirent les quelques denrées qui restaient et menacèrent d’aggraver encore la famine.
Quand la situation devint catastrophique, Angéline révéla l’existence de ses chats cachés.
Elle libéra alors ses derniers compagnons félins, qui se mirent à chasser les rats et à sauver les précieuses réserves du village.
Les habitants comprirent qu’Angéline avait eu raison de les préserver.
Pour la remercier, ils la comblèrent d’affection, et l’on raconte que, avec le temps, son visage prit des traits félins, symbole de son lien unique avec les chats.
Depuis, La Romieu est surnommée :
« Le village des chats »
Cette légende a inspiré beaucoup d’artistes, notamment Maurice Serreau.
Maurice Serreau est un sculpteur originaire d’Orléans qui s’est installé à La Romieu.
Touché par la légende des chats d’Angéline, il a commencé, principalement dans les années 1990, à sculpter et à déposer une quinzaine de petits chats en pierre sur les façades et recoins du village. Ces sculptures ont contribué à faire de La Romieu la « cité ou le village des chats ».
On retrouve également dans le village un buste d’Angéline réalisé par lui et plusieurs sculptures signées du couple.
Le couple a été honoré par l’office de tourisme et la commune pour avoir contribué à la notoriété du village.
Maurice Serreau est décédé (les sources locales indiquent son décès en 2003).
Sa création des « chats » reste l’élément emblématique que s’amusent à rechercher aujourd’hui les visiteurs de La Romieu.
Aujourd’hui ces petites sculptures (environ 12–15 selon les recensements) sont l’un des attraits du village : jeu de découverte pour les touristes, éléments photographiés et mentionnés dans de nombreux guides et blogs locaux.
Nous avons joué le jeu et vous verrez les photos de ces fameux chats, plus quelques-uns qui sont bien vivants !
Le tour du village s’achève et c’est également le moment de nous séparer.
… Et ce fut aussi le début d’un bel orage !
Donc retour vers Nérac avec les toits ou les capotes en place !