Nous quittons Riom ès Montagnes et nous filons sur la D3 en direction du nord-ouest, vers Antignac.
La D3 est une route départementale majeure du Cantal, d’une longueur totale d’environ 57 km, gérée par le Conseil départemental du Cantal. Elle relie la D922 au sud de Bort-les-Orgues jusqu’à Murat en passant par Riom-ès-Montagnes, offrant une traversée ouest-est / nord-sud du nord du département.
Elle récupère dans plusieurs tronçons d’anciens tracés de routes nationales, notamment l’ancienne RN678 dans la partie traversant Riom-ès-Montagnes.
La portion entre Riom-ès-Montagnes et Antignac est donc un segment de cet itinéraire départemental qui se prolonge vers l’ouest jusqu’à Bort-les-Orgues, puis vers le sud jusque Murat par la même D3.
Nous allons l’emprunter dans le sens Riom-Antignac puis opérer un demi-tour et réaliser d’une traite Antignac - Murat.
Je n’ai pas trouvé de date précise de construction de cette route. Mais je pense qu’il n’existe pas de date exacte unique de « construction » de cette chaussée car elle s’est développée progressivement au XIXème et XXème siècles par l’aménagement de chemins vicinaux et anciens axes ruraux, avant d’être formalisée comme route départementale.
Les infrastructures routières en montagne se sont renforcées à partir du milieu du XXème siècle avec l’entretien départemental et plusieurs modernisations successives.
Des travaux d’entretien courant de la chaussée sont régulièrement programmés par le Département. Par exemple, des opérations de pontage de fissures de chaussée sont prévues en 2025 à plusieurs endroits de la D3, y compris sur le tronçon autour d’Antignac et entre Menet et Riom-ès-Montagnes.
C’est vrai qu’il en a besoin…
Au niveau municipal, Riom-ès-Montagnes a engagé des travaux d’aménagements de voirie et d’accès axés sur l’entrée nord du bourg voisin la D3 afin d’améliorer accès et cadre de vie, ce qui fait partie d’une politique plus large de réaménagement des axes structurants.
L’axe D3 est considéré comme structurant pour le nord du Cantal, contribuant au désenclavement régional en reliant notamment les axes vers les autoroutes A89 et A75 via des routes complémentaires.
La D3 parcourt un territoire de moyenne montagne volcanique, avec des reliefs variés et des vallées profondes typiques du massif du Cantal.
Sur ce secteur, la route suit les vallées autour des cours d’eau comme la Sumène et la Rhue, offrant des descentes et remontées successives entre crêtes volcaniques et fonds de vallée.
Les routes du Cantal sont généralement sinueuses, surtout celles qui traversent les plateaux volcaniques et reliefs doux du Massif central. La D3 n’est pas une grande route rapide mais plutôt une liaison entre vallées avec de nombreux virages en lacets et en courbes, typiques des routes de montagne, sans col particulièrement célèbre comme sur certaines autres routes du département.
Le parcours au profil vallonné comporte notamment deux beaux virages, une boucle assez large et une épingle beaucoup beaucoup plus serrée…
J’ai préféré tenir le volant que l’appareil photo !
Mais les captures Google Maps donnent une petite idée de la route.
Par ailleurs il y a d’autres virages très connus dans les environs mais nous reviendrons pour eux, ainsi que pour le fameux « pont de la Mort » !
Nous traversons petit à petit la vallée de la Sumène et ses affluents, ce qui implique régulièrement des changements d’altitude, virages, côtes et descentes ; cette portion routière est plutôt de type rural et pittoresque plutôt que grande voie rapide.
Et nous arrivons à Antignac.
Antignac se trouve dans la vallée de la Sumène, entre Bort-les-Orgues et Riom-ès-Montagnes, dans le canton d'Ydes.
Au nord de la commune coule la Rhue, rivière qui la sépare de la commune et de l'ancien canton de Champs-sur-Tarentaine-Marchal. Au centre de la commune coule le Soulou, ou ruisseau de Compier, affluent de la Rhue.
L'altitude varie de 468 mètres à 928 mètres. L'altitude du bourg est voisine de 500 mètres.
La commune comprend 23 villages et hameaux.
Le nom de la localité est attesté sous sa forme occitane Antinhac en 1561.
Le digramme nh est l'équivalent occitan des lettres gn en français.
Ce toponyme, d'origine gallo-romaine, dérive de l'anthroponyme Antinius, associé au suffixe de possession -acum, sans doute un des propriétaires des lieux à cette époque…
Mais Antignac n’a pas été toujours une commune.
En septembre 1790, Muradès, ville voisine, est érigée en commune.
Puis, par ordonnance royale du 19 juillet 1826, les communes créées sous la Révolution de Muradès, Salsignac et Vignonet sont réunies sous le nom d'Antignac.
Le 6 avril 1870, une partie de la commune d'Antignac en est séparée pour former la nouvelle commune de La Monselie.
De 1907 à 1990, Antignac a partagé une gare avec Vebret sur la ligne de Bort-les-Orgues à Neussargues.
Le village compte 284 habitants qui s'appellent les antignacois.
Nous traversons le village et remarquons une jolie place. C’est cette place qui fait l’objet de cartes postales depuis plus de 100 ans…
Nous continuons et nous passons devant une église.
L’église Saint-Pierre-aux-Liens, anciennement chapelle Saint-Victor, est l’église paroissiale d’Antignac.
Elle puise ses origines au XIIème siècle, lorsque la partie du chœur fut érigée dans le cadre d’un prieuré dépendant de La Chaise-Dieu.
Au fil des siècles, l’édifice a été remanié : des chapelles latérales ont été ajoutées aux XVème et XVIème siècles.
En 1789, le clocher-mur originel a été remplacé par une nouvelle tour‐clocher. La nef a été profondément modifiée au XVIIIème siècle, puis décorée au XIXème : un lambris peint a été installé, et des vitraux créés entre 1870 et 1880 par le maître-verrier Chamrobert.
L’édifice est bâti en pierres volcaniques (trachyte, tuf), gneiss et moellons, typiques du patrimoine local.
Ensuite nous découvrons la mairie.
Nous n’avons pas vu la gare, ancienne, mais nous reviendrons, là nous faisons demi-tour car nous voulons arriver à Murat assez tôt.
Mais nous allons vous donner une petite explication au sujet d’une étonnante carte postale où l’on voit une baleine sur la place du village !
Depuis 2014 la Piste Verte devient Piste des Arts en accueillant chaque année une exposition issue de la résidence d’artiste. Cette exposition est visible sur trois secteurs : à Ydes, à Bassignac et à Vebret.
Cette année 2025 exposition « Là où dormait la mer ? » par Judith Chomel et Marine Delcroix.
Ces artistes vous parlent de leur travail et de l’exposition :
« Et si Sumène Artense avait autrefois été un archipel ? C’est l’hypothèse fantaisiste, poétique mais rigoureusement documentée que développe le collectif Solax. En résidence sur le territoire Sumène Artense en 2025, Judith Chomel, analyste en micro-archives, et Marine Delcroix, photographe des choses disparues, ont mené l’enquête.
Leur mission ? Retrouver les traces d’un passé maritime oublié : silhouettes d’épaves, bribes de registres, fragments de récits.
À partir de leur rencontre avec le territoire et ses habitants, d’archives locales et de collectes sensibles, elles composent un corpus d’images et de planches comme autant de preuves d’un territoire marin disparu… ».
Voilà l’explication de cette baleine échouée sur la place du village !
Maintenant une autre explication.
Nous n’avions jamais entendu cette expression. Mais il semble que son utilisation devienne de plus en plus fréquente.
Visiblement c’est un terme touristique et imagé utilisé pour décrire le paysage singulier de la région de Sumène - Artense.
Il évoque l’impression que donnent certains espaces — notamment les lacs, plans d’eau, forêts profondes et reliefs doux — qui peuvent rappeler, pour certains visiteurs, les atmosphères des pays nordiques comme la Scandinavie. L’expression souligne une impression d’espace naturel vaste, calme et « nordique », plutôt que toute analogie climatique ou géographique précise avec la Scandinavie.
Il ne s’agit donc pas d’un terme géographique ou scientifique défini par la recherche, mais d’une image promotionnelle et évocatrice utilisée dans la communication touristique (sites de tourisme, brochures, événements, etc.).
Je n’ai pas trouvé d’origine clairement datée ou d’invention officielle du terme, contrairement à des concepts patrimoniaux ou historiques qui sont documentés. L’expression « petite Scandinavie auvergnate » semble provenir progressivement de la communication touristique locale — notamment des offices de tourisme, des agences et des brochures destinés à valoriser la destination Sumène - Artense — plutôt que d’une date ou d’un auteur unique reconnu historiquement.
Mais on en trouve des mentions dans des documents de randonnée et de tourisme d’au moins une vingtaine d’années, par exemple : des descriptions de circuits cyclistes l’évoquent déjà dans les années 1990-2000 comme image évocatrice des paysages de l’Artense.
Le terme « petite Scandinavie auvergnate » sert donc à mettre en avant des éléments naturels et touristiques spécifiques :
Ainsi, le concept ne désigne pas une réalité ethnologique ou historique, mais une image de marque territoriale et touristique, visant à valoriser l’Artense comme une destination présentant une nature « grande, sauvage et paisible » — à la manière de certains paysages nordiques.
Il est certain que le terme est valorisant et nous avons envie d’aller le vérifier… Au printemps ou en été !
Pour le moment nous reprenons la route et direction le sud vers Murat.