C’est une petite ville assez agréable et nous avons prévu d’y revenir, notamment pour explorer ses environs.
Deux thématiques nous intéresserons lors de notre prochain passage :
Riom-ès-Montagnes, Riòm de las Montanhas, est la principale ville du « Pays Gentiane ».
Elle se situe à 840 mètres d’altitude, au nord-ouest du département du Cantal, et au cœur du parc naturel régional des volcans d'Auvergne.
Elle compte 2 405 habitants, les Riomoises et les Riomois.
La rivière Véronne traverse Riom-ès-Montagnes. Elle se jette dans la Petite Rhue qui marque la limite entre Riom-ès-Montagnes et les communes voisines de Marchastel et Saint-Amandin.
Riom compte une cinquantaine d'agriculteurs. L'élevage de bovins de la race locale Salers joue un rôle important.
La fabrication du cantal et du bleu d'Auvergne constitue la principale activité du secteur agroalimentaire.
Effectivement, lors de notre traversée de la ville nous avons eu la surprise de découvrir un Bleu d’Auvergne géant implanté sur un rondpoint !
Nous en parlons plus bas.
La Société fromagère de Riom est la principale entreprise dans ce domaine qui emploie 180 personnes. Plus de la moitié de la production de Bleu d'Auvergne provient de Riom. La première laiterie est ouverte en 1900 par Charles Seroude et de 1949 à 1958, La vache qui rit y sera fabriquée. L'usine regroupe environ 1 000 agriculteurs au sein de l'UCFC.
Une marque de liqueur de gentiane, l'Avèze, est produite localement et emploie quelques personnes.
Maintenant intéressons nous a quelques bâtiments. Pour certain l’enquête ne fut pas simple…
La Poste se trouve aujourd’hui au 11, avenue de la gare, dans le centre du bourg.
Sur une vieille CPA, Carte Postale Ancienne, nous avions une photo d’une belle façade mais la Poste actuelle ne semblait pas correspondre.
Aussi, en examinant les constructions à Riom nous avons fini par trouver l’ancienne situation de la Poste.
Elle était au 4, place du Monument, et le bâtiment est actuellement utilisé par un office notarial.
Malheureusement, je n’ai pas trouvé de sources détaillées accessibles en ligne qui décrivent précisément l’année de construction, l’architecte et le style du bâtiment postal de Riom-ès-Montagnes.
Nous savons qu’à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, la création et l’extension des services postaux en milieu rural ont conduit à la construction de bureaux de poste structurés, souvent de plain-pied ou en étroite relation avec la place principale de la ville.
Un plan d’un bureau de poste fut dressé par des architectes locaux (Jean Fauc, Julien Mercier) dans les archives, ce qui témoigne d’une organisation soignée des constructions postales à cette époque.
Mais, en regardant bien la carte postale ancienne que nous avons trouvée, on peut confirmer avec un très haut degré de probabilité qu’il s’agit bien sur la carte postale du même bâtiment de la Poste de Riom-ès-Montagnes, situé au 4, place du Monument, avant les transformations ultérieures, et que l’édifice a ensuite subi des travaux importants.
Sur la photo, on lit clairement l’inscription :
« Riom-ès-Montagnes – Postes Télégraphes Téléphone »
Cette dénomination est officielle et datable :
Elle correspond à la période fin XIXème, années 1930, quand les PTT regroupaient poste, télégraphe et téléphone dans un même édifice.
Cela exclut toute confusion avec un autre bâtiment administratif.
Il s’agit donc sans ambiguïté du bâtiment d’un ancien bureau de Poste de la commune.
Ensuite, si on procède à une analyse architecturale comparée, les éléments structurels sont globalement inchangés.
Ces éléments sont très difficiles à modifier sans démolir, ce qui permet une identification sûre : façade, ouvertures, soupirails, lucarnes arrondies en toiture, un volume large, occupant une parcelle dominante sur la place, …
Par ailleurs la carte postale date probablement d’entre 1905 et 1925, ce qui correspond exactement à :
Dernière minute !
Plus de doute possible, en effet, en regardant une vue du 4, place du Monument de 2011 sur Google Maps, on voit bien que le bâtiment jouxtant l’antique Poste était un bâtiment, probablement des années 1950-1960 créé par et pour la Poste…
Si des habitants de Riom ès Montagnes ont un avis, qu’ils n’hésitent pas à nous le donner !
Après la Poste nous nous sommes intéressés à une église.
C’est une église catholique fortement transformée au fil du temps, mais qui conserve un superbe chevet de style roman.
L'église Saint-Georges est une église romane bâtie du XIème au XVème siècle.
L'église, qui est propriété de la commune, est classée au titre des monuments historiques depuis le 26 février 1924.
L'église est constituée d'une nef à trois travées, dotée de deux collatéraux, d'une abside et deux absidioles.
Les deux premières travées sont datées de la fin du Xème siècle. Les piliers sont carrés et chanfreinés. Le pilier de la deuxième travée à droite présente un décor cordé.
Les piliers de la troisième travée sont dotés de colonnes engagées.
Le chœur et l'abside sont datées du XIème siècle et les chapiteaux présentent un riche décor.
Les collatéraux et les absidioles datent du XIIème siècle.
Le porche et le clocher date du XVème siècle.
L'église a encore subi des transformations et restaurations au XIXème siècle.
Elle méritera une visite la fois prochaine.
Nous continuons notre route et nous passons devant la mairie.
Le bâtiment qui abrite aujourd’hui la mairie de Riom-ès-Montagnes n’a pas été conçu dès l’origine comme hôtel de ville : il s’agit en réalité de l’ancienne école de la ville.
Il a ensuite été transformé pour accueillir les services municipaux (la mairie) à une date qui n’est pas précisément documentée en ligne, mais qui correspond à un réemploi du bâtiment scolaire lorsque les fonctions municipales ont été regroupées place Charles-de-Gaulle.
L’édifice original était de style « art nouveau », caractéristique du tournant du XXème siècle, ce qui était assez courant pour les établissements scolaires construits à cette époque dans les petites villes françaises.
En 2008, une importante consolidation des façades a été menée pour restaurer les pierres de taille et les enduits d’origine, ce qui a permis de stabiliser la construction et préserver son caractère historique.
Il faut préciser que Riom-ès-Montagnes n’a pas la même histoire que d’autres villes plus anciennes comme Riom (Riom dans le Puy-de-Dôme). Son développement moderne est lié au XIXème et au XXème siècle, notamment avec l’arrivée du chemin de fer en 1908, qui a transformé le bourg en centre économique local et favorisé l’urbanisme autour de la gare et de la place Charles-de-Gaulle.
À cette époque, la construction d’écoles, d’équipements publics et d’infrastructures (marché aux fromages, école des filles, etc.) s’inscrit dans une dynamique de modernisation républicaine qui vise notamment à développer l’enseignement primaire.
La mairie est souvent le point de départ ou de rassemblement lors des Journées Européennes du Patrimoine organisées à Riom-ès-Montagnes, ce qui montre qu’elle fait partie du patrimoine local à visiter dans le cadre d’une découverte de la commune.
Elle est située sur la place Charles-de-Gaulle, qui constitue aujourd’hui le centre administratif et civique de la ville.
Et c’est peu de distance après la mairie que nous trouvons un fromage géant sur un rond-point !
Ce fromage fait partie des ronds-points aménagés de la ville.
Nous n’avons rien vu sur place mais nous avons trouvé cet article de La Montagne publié le 18 août 2020.
« Riom-ès-Montagnes. Aménagement des ronds-points. La commune a lancé un projet d'aménagement des ronds-points d'entrée de ville sur lequel travaille déjà l'atelier Treyve paysage (Puy-de-Dôme) qui a rendu les premières esquisses.
Ainsi trois thématiques viendront illustrer trois ronds-points :
le bleu d'Auvergne sur le rond-point situé en direction de Condat
la gentiane : fleur et train sur le rond-point de l'avenue de Mauriac
et enfin le thème de la montagne et de l'agriculture sur le rond-point en direction de la route de Murat.
Empierrement et plantations viendront aménager ces espaces ainsi que différents éléments décoratifs. Dans le cadre de ce projet d'embellissement du bourg, la commune de Riom-ès-Montagnes est à la recherche d'éléments décoratifs sur le thème de l'agriculture pour aménager l'un de ces ronds-points : charrue ancienne, gerle, presse à fromage, vieux bidon de lait, et lance un appel aux dons … ».
Le fromage dépassé nous arrivons maintenant dans le quartier de la gare.
Le quartier de la gare a été pensé dès 1903 dans le plan urbain de la ville, marquant l’importance stratégique de la ligne ferroviaire pour Riom-ès-Montagnes.
Des vestiges archéologiques préhistoriques et gallo-romains ont été découverts lors des terrassements autour de la gare au début des travaux, avant 1905.
La gare fut ouverte le 11 mai 1908 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans lors de l’ouverture de la ligne Bort-les-Orgues → Neussargues, qui a profondément transformé le bourg en favorisant le développement économique et urbain au début du XXème siècle.
Mais, comme une grande partie des lignes secondaires françaises, la SNCF a fermé le trafic des voyageurs en 1990 et des marchandises en 1991.
La gare est aujourd’hui le terminus du Gentiane express, un train touristique saisonnier exploité depuis 1997 qui met en valeur le patrimoine ferroviaire local.
Nous irons le voir de près lors d’une prochaine visite à Riom ès Montagnes.
Pour en revenir au bâtiment de la gare…
Le bâtiment des voyageurs est typique des gares de lignes secondaires construites au tournant du XXème siècle : modestes mais fonctionnels, avec des volumes simples et une toiture en pente conforme aux régions de moyenne montagne.
La gare fait partie d’un équipement patrimonial plus large : le viaduc de Barajol (aussi appelé viaduc de la Petite Rhue), construit entre 1902 et 1906, est un ouvrage remarquable de l’ingénierie ferroviaire locale.
Actuellement le bâtiment accueille désormais des bureaux administratifs, notamment ceux de la communauté de communes et une Maison de Services au Public, intégrant des fonctions civiques tout en valorisant l’histoire du lieu.
« Autrefois très utilisé, le transport ferroviaire reste toujours actif grâce au Gentiane express, train touristique qui circule en Haute-Auvergne, s'arrête en gare de Riom-ès-Montagnes et reprend partiellement l'ancienne ligne de Bort-les-Orgues à Neussargues. Cette ligne fut inaugurée le 5 juillet 1908.
Louis Bonnet, créateur de « l'Auvergnat de Paris » a été un précurseur dans ce qui est appelé de nos jours les « voyages organisés ». En 1904, il crée les trains qui portent son nom. Jusqu'en 1939, ils conduisent, à prix réduit, chaque printemps et chaque été, des compatriotes au pays. Une ambiance toute particulière règne dans ces wagons, comme il se doit entre Auvergnats : cabrette et casse-croûte, bourrée sur le quai, à chaque arrêt. Ces voyages passeront à Riom-ès-Montagnes dès 1923. ».
Nous avons déjà parlé de ces « trains Bonnet » emblématiques du Cantal et de l’Aveyron et plus généralement de l’Auvergne.
Pour terminer le voyage un réseau d’autocar irriguait l’Auvergne pour compléter l’offre ferroviaire…
Par exemple vous pourrez voir ces autobus dans cet article :
https://z4du34.com/2026/01/crozafon-tournadou-les-lieux-presque-secrets-de-la-d920.html
Nous passons donc devant la gare et nous retrouvons la D3 pour poursuivre notre voyage.
L’objectif est de rallier Antignac, simplement pour voir quelques beaux virages et approcher « la Petite Scandinavie » …