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Col de Port, ses lacets, sa sculpture et son « Fer à Cheval »

Col de Port, ses lacets, sa sculpture et son « Fer à Cheval »

L’idée de cette balade était de retrouver des membres du BMW Z3 / Z4 Club France pour suivre les dernières étapes du Tour Auto 2026 : l’étapes 4, de Toulouse à Pau et l’étape 5, de Pau à Biarritz, Biarritz la ville d’arrivée du Tour Auto de cette année, exactement à la Cité de l’Océan.

Pau étant éloigné de Montpellier pour faire le trajet d’un coup, nous allons nous en rapprocher en cette première journée et nous partons pour le village de Labarthe Inard.

Un trajet de 400 km où nous avons programmé 9 cols, 2 gorges et une « route des tunnels » !

Nous avons découpé cette journée en 6 épisodes.

Voici l’épisode 4, la suite et (presque) la fin des cols Ariègeois…

Nous partons du col des Caougnous sur la D618 en direction de l’est, vers le col de Port.

Nous souhaitons juste faire un aller-retour pour voir ce qui a changé depuis notre dernier passage… Tout d’abord quelques généralités.

Col de Port

Nommé FR-09-1250 il a une altitude de 1 249 ou 1 250 mètres.

C’est un long col pyrénéen classique : environ 16 km d’ascension depuis Tarascon-sur-Ariège à 5-6 % de moyenne.

Très apprécié comme « premier grand col » pour sa régularité et ses vues ouvertes sur le massif du Montcalm.

La route décrit de superbes lacets, notamment pour la partie allant du col au village de Saurat.

Arrivé au col nous remarquons une sculpture.

Les Fenestrelles du col de Port

C’est une œuvre d'art originale.

Les Fenestrelles du col de Port, conciliant la tradition rurale de la maçonnerie à pierres sèches et l'art contemporain a été réalisée en 2022 par Vincent Baudon et Arnaud Baubil.

La sculpture haute de 2,80 mètres intégrant 20 tonnes de granite et 12 tonnes de schiste a remporté un appel à projets de la région Occitanie.

Les Fenestrelles sont une réalisation du groupement des artisans pierre sèche (GAPS).

« Nous nous sommes inspirés du site du col de Port qui est à la fois une limite territoriale et linguistique, un paysage ouvert et une ligne tendue entre Est et Ouest, un lieu de nature et un passage très fréquenté.

Nous avons imaginé une proposition de jeu de regard pour les visiteurs du col. Deux silhouettes jumelles émergent sur la pente.

Sculpture en pierre sèche et pierre de taille pour jouer avec le paysage, le vide et la matière.

À distance, les silhouettes évoquent une construction, un abri. Le vide interpelle le regard du visiteur.

À l’approche, elles se montrent par leur géométrie simple et massive, jusqu’à inviter grands et petits à se glisser dans l’étroitesse et à découvrir les percées qui sont comme des longues vues au travers de l’épaisseur du bâti. »

Pour plus d’informations aller sur https://www.gaps09.com/chantiers/projet-col-de-port-1/

Tout à côté du col il y a également une auberge.

L’Auberge de la Sapinière

Essayons d'en savoir plus... L’actuelle Auberge de la Sapinière semble être un bâtiment ancien largement remanié, agrandi et modernisé au fil des décennies plutôt qu’une reconstruction totalement neuve.

Les cartes postales anciennes du col, début XXème siècle montrent déjà une auberge ou maison d’étape au sommet, mais avec une volumétrie plus simple qu’aujourd’hui.

Les descriptions récentes parlent d’un ensemble plus développé : terrasse, salle de restaurant modernisée, hébergements insolites (« orrys »), dépendances, etc.

Le bâtiment actuel présente visiblement plusieurs campagnes de travaux : corps principal ancien + extensions latérales et aménagements touristiques récents.

Les « orrys » mentionnés aujourd’hui ne sont pas des constructions pastorales historiques authentiques, mais des hébergements inspirés des cabanes en pierre sèche ariégeoises.

On peut donc raisonnablement penser :

  • qu’il existait déjà une auberge/refuge routier ancien au col ;
  • qu’elle a été profondément transformée dans la seconde moitié du XXème siècle ;
  • que l’activité touristique et de restauration a entraîné plusieurs agrandissements récents.

Les sources touristiques modernes décrivent l’auberge actuelle à environ 1249–1290 m d’altitude.

Les cartes postales montrent que le col de Port a été très tôt une destination prisée des touristes…

Il y a également au col un refuge qui a vécu plusieurs vies…

Le « refuge » du col de Port

Le terme « refuge » semble avoir été utilisé de plusieurs façons dans le secteur :

1. Le petit abri routier/pastoral

Il y avait historiquement, près du sommet côté nord, de petites constructions rudimentaires : abri de bergers, cabane liée au déneigement ou refuge sommaire pour voyageurs surpris par le mauvais temps.

Le versant nord du col est plus froid, boisé et enneigé ; c’est donc logique qu’un petit refuge y ait existé.

2. Les « orris »

Un orri est une ancienne installation d'estive en haute et moyenne montagne ariégeoise ou catalane, ayant servi à la traite des brebis ou des chèvres et à la fabrication du fromage dʼorri. Elle comprenait généralement un gîte non couvert pour les bêtes, une cabane pour les bergers et une autre pour la fabrication du fromage.

Aujourd’hui, beaucoup de visiteurs confondent ces anciens abris avec les « orris ou orrys » touristiques de l’auberge. Ceux-ci sont modernes, même s’ils reprennent l’architecture traditionnelle en pierre sèche.

Du col on a une belle vue sur la route qui part vers Tarascon sur Ariège.

Histoire de la route du Col de Port

La route actuelle correspond à l’ancienne liaison entre :

  • la vallée de Tarascon-sur-Ariège
  • et le massif du Couserans.

C'est un passage ancien probablement utilisé dès l’époque médiévale pour :

  • échanges pastoraux
  • transhumance
  • circulation entre vallées

Mais la route a été réellement aménagée au XIXème siècle.

Une modernisation importante avec les routes départementales et le tourisme automobile au XXème siècle.

Le tracé actuel cherche un compromis entre :

  • pente raisonnable
  • stabilité du terrain
  • enneigement fréquent

Le versant nord est réputé plus sauvage et plus encaissé ; le versant sud, côté Saurat, est plus ouvert et pastoral.

Nous avons retrouvé un petit historique grâce aux cartes postales sur ce site…

Ce que nous cherchons à faire c’est à identifier un virage célèbre, le « Fer à Cheval ».

Il se trouve certainement sur la partie de la route entre le col de Port et Tarascon sur Ariège.

Il y a un beau point de vue sur le départ de cette vallée à une centaine de mètres après le panneau de col. Revenons à notre « Fer à Cheval ».

Le « Fer à Cheval historique » du Col de Port

En étudiant attentivement le tracé de la route nous pensons qu’il est situé aux coordonnées suivantes : 42.896809, 1.461786.

En effet, quand on recoupe :

  • les anciennes cartes postales légendées « Col de Port – Le Fer à Cheval »
  • la topographie
  • et le tracé ancien de la route,

on voit que le nom désigne vraisemblablement ce grand lacet parfaitement refermé situé sur un versant proche du sommet. Vu du col il doit s’agir du second lacet en épingle.

Ces coordonnées correspondent bien à :

  • une épingle très marquée
  • quasi semi-circulaire
  • construite dans une pente forte
  • avec soutènements et terrassements typiques des routes de montagne du XIXème siècle.

C’est exactement le genre d’ouvrage qu’on appelait couramment :

« Fer à Cheval », « lacet » ou « épingle ».

Et surtout les cartes postales anciennes montrent un lacet très fermé avec vue plongeante et une paroi rocheuse, paroi qui n’existe pas pour le 1er lacet vu du col.

Certes le « Fer à Cheval » n’a jamais été un lieu-dit officiel à l’origine, mais :

  • un nom descriptif utilisé par les voyageurs,
  • puis repris par les éditeurs de cartes postales.

Sur les CPA Labouche / MTIL on lit :

« Route de Saint-Girons à Tarascon – Le Fer à Cheval » ou « Les lacets près du Col ».

Cela montre que :

  • le virage était déjà considéré comme remarquable
  • il faisait partie des “curiosités routières” de l’époque automobile naissante

Caractéristiques techniques du lacet, aspect cartographique

  • altitude : environ 1140–1180 mètres selon les courbes de niveau indiquées sur l’IGN
  • orientation : versant nord-est,
  • pente moyenne locale : forte,
  • rayon très serré,
  • probablement construit pour limiter la pente des attelages puis automobiles.

Le choix de ce type de lacet permettait :

  • d’éviter une rampe directe trop raide,
  • de stabiliser le tracé,
  • et de maintenir une pente acceptable pour les chevaux, les charrois, et les premiers véhicules motorisés.

Histoire probable du tracé

La route du Col de Port est issue d’un ancien axe pastoral et inter-vallées, mais le tracé routier moderne date surtout du XIXème siècle avec les grands travaux des Ponts et Chaussées.

Le « Fer à Cheval » est typique des routes montagnardes aménagées entre 1850 et 1910 avec multiplication des lacets pour les diligences puis le tourisme.

Les cartes postales anciennes montrent d’ailleurs des caravanes touristiques, des cyclistes, des automobiles précoces et le refuge sommital puis certainement ultérieurement l’Auberge de la Sapinière.

Il est probable que très tôt les voyageurs faisaient halte au sommet après avoir franchi justement ces grands lacets du versant nord.

Le « Fer à Cheval » était donc probablement un passage emblématique juste avant « l’arrivée au col ».

Mais la question reste posée sur son identification car je n’ai pas trouvé d’indication formelle ou écrite pour localiser ce « Fer à Cheval » …

Nous retournerons enquêter !

Notre petit tour au col de Port se termine et nous reprenons la route pour aller vers Saint Girons…

Col de Port, ses lacets, sa sculpture et son « Fer à Cheval »
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