Nous reviendrons en détail sur notre parcours, de Montsaunes à Bagnères de Bigorre, dans les prochains épisodes.
C’est une journée sympa qui s’annonce, un peu plus de 225 km, sur de jolies routes que nous connaissons déjà puisque certaines font parties des classiques de la Route des Cols des Pyrénées…
Mais nous reviendrons sur ces villages et ces cols plus tard, dans cet épisode nous allons évoquer une route que nous allons beaucoup suivre, la D618, puis l’église Sainte Anne de Cazeaux de Larboust, avec son panneau Michelin !
La route actuelle D618 est l’un des grands axes trans-pyrénéens français reliant notamment la vallée de Luchon au col de Peyresourde par la vallée du Larboust.
Elle suit en partie des itinéraires beaucoup plus anciens utilisés par les bergers, les commerçants et les échanges avec l’Espagne.
L’ouverture et l’amélioration de la route au XIXème siècle ont accompagné l’essor thermal de Bagnères-de-Luchon.
Le village de Cazeaux se trouve directement sur cet axe stratégique menant vers les Hautes-Pyrénées.
Aujourd’hui, la circulation reste modérée hors saison mais devient importante l’été avec les cyclistes, motards et touristes.
La D618 est particulièrement connue des amateurs de cols grâce à l’ascension du col de Peyresourde.
Le Tour de France y est passé à de nombreuses reprises depuis le début du XXème siècle, faisant du secteur un lieu emblématique du cyclisme pyrénéen.
Côté automobile, la route a également accueilli des montées historiques, rallyes régionaux et rassemblements de voitures anciennes.
Son tracé sinueux et son dénivelé en font une route appréciée des passionnés de conduite.
L’avenir de la D618 dépend surtout de l’entretien de type « montagne » : éboulements, neige et fortes pluies imposent des travaux réguliers.
La route joue aussi un rôle économique essentiel pour les stations de ski voisines comme Peyragudes.
La D618 passe donc exactement devant l’église de Cazaux, elle offre l’un des rares endroits où patrimoine roman et grande route pyrénéenne se côtoient à quelques mètres seulement.
L’église Sainte-Anne est l’un des plus beaux édifices romans du pays de Luchon.
Construite au début du XIIème siècle, elle relève du premier art roman méridional avec ses murs épais et son clocher quadrangulaire.
Elle est classée Monument historique depuis 1921.
Le monument aux morts situé à côté du portail date de 1922.
Son principal trésor est un ensemble exceptionnel de fresques du XVème siècle couvrant presque tout l’intérieur.
Ces peintures représentent notamment l’Assomption de la Vierge, le Jugement dernier et plusieurs scènes de la Genèse.
Les fresques furent recouvertes de badigeon à la Révolution puis redécouvertes en 1893 par le décorateur luchonnais Bertrand Bernard.
On remarque aussi un cippe funéraire gallo-romain, (un cippe est une stèle en pierre de forme carrée ou ronde portant une inscription), réemployé au-dessus de l’entrée, preuve d’une occupation très ancienne du site.
L’édifice est construit principalement avec les pierres locales, seuls certains éléments du clocher étant en marbre.
Malgré la très faible population du village avec moins de 100 habitants aujourd’hui, l’église reste un point fort du patrimoine pyrénéen.
Sa préservation dépend désormais largement du tourisme culturel et des visiteurs du col de Peyresourde…
Malheureusement elle est fermée… Nous ne verrons pas les fresques…
Nous nous contenterons de voir l’extérieur…
Et de prendre quelques photos avec un joli panneau Michelin.
C’est très probablement un héritage toponymique ancien.
Le nom local occitan est Casaus, et les graphies françaises ont longtemps varié : Cazaux, Cazeaux, parfois même Cazaus.
Il semblerait que la signification du mot soit « ensemble d’habitations » …
Les anciens panneaux Michelin émaillés reproduisaient souvent la graphie administrative ou cadastrale en vigueur au moment de leur fabrication. Or, avant la fixation moderne du nom communal Cazeaux-de-Larboust, la forme Cazaux était couramment utilisée dans la vallée de Luchon et dans plusieurs documents anciens.
Le « e » n’a donc pas disparu par erreur : ce panneau conserve vraisemblablement une orthographe historique antérieure à la normalisation actuelle. C’est d’ailleurs assez fréquent dans les Pyrénées où les noms de villages ont longtemps coexisté sous plusieurs formes françaises et occitanes.
Ce panneau est un élégant biface, légèrement penché, qui est daté du 23 février 1955.
Juste en face du panneau se trouve une borne-fontaine portant la date de 1923. Elle alimente une sorte d’auge. À l'époque, ces fontaines avaient souvent une double fonction : alimentation des habitants en eau potable et abreuvement des chevaux, mulets ou bovins.
Quant à la grande auge, elle ne semble pas être en calcaire mais plutôt dans une roche locale dure (granite, gneiss ou schiste métamorphique des Pyrénées centrales). Sa forme est proche d'un sarcophage antique, mais elle correspond aussi très bien à une auge monolithique d'abreuvement traditionnelle…
Quelques photos supplémentaires et nous poursuivons notre route vers le col de Peyresourde.