Tout d’abord précisons que ce texte est notamment illustré par les photos de l’épisode précédent.
Il est 14h30 et il y a peu de circulation, la température est de 40°C…
Quitter la D338 pour rejoindre le virage de Mulsanne, c'est pénétrer dans un lieu presque sacré pour les amateurs d'automobile.
En dehors des compétitions, rien ne laisse vraiment penser que passent ici les voitures les plus rapides du monde : quelques maisons, des arbres, des routes départementales (presque) parfaitement ordinaires... Et pourtant.
Nous attaquons par le célèbre virage à droite de Mulsanne, à gauche pour nous qui arrivons du sud, virage qui marque la fin des interminables Hunaudières lorsque l'on vient du nord.
Pendant la course, les prototypes y freinent violemment après plusieurs kilomètres à très haute vitesse.
Aujourd’hui en circulation normale, on l'aborde tranquillement, mais il est difficile de ne pas imaginer les gerbes d'étincelles et les disques de freins rougis.
Nous tournons à gauche.
La route s'enfonce ensuite dans la forêt en direction d'Indianapolis. Le décor devient plus intime. Cette courbe rapide est suivie d'un freinage très appuyé vers le virage d'Arnage, l'un des plus lents du circuit. Ici, les voitures de course repartent presque à l'arrêt avant de réaccélérer puissamment.
La route longe ensuite les installations du circuit Bugatti sans y pénétrer. On distingue nettement la bretelle que les voitures empruntent lors des compétitions.
Nous nous sommes obligés de prendre à gauche pour longer le circuit Bugatti, circuit permanent et privé.
Si nous étions sur le véritable circuit les tribunes apparaitraient peu à peu et l'on rejoindrait la longue ligne droite des stands.
« Hors compétition, le calme surprend : difficile d'imaginer les centaines de milliers de spectateurs qui envahissent les lieux au mois de juin. ».
Nous ferons un saut sur l’arrière de ces installations un peu plus tard mais nous ne visiterons pas le Musée des 24 heures cette année et nous ne pourrons pénétrer sur le circuit Bugatti.
Maintenant sur le circuit, au niveau de la passerelle Dunlop, débute l'une des images les plus emblématiques du Mans. La montée sous le célèbre pont est suivie de la descente vers les Esses de la Forêt, succession de courbes rapides où la précision prime sur la puissance.
Même aux vitesses autorisées, la portion que nous empruntons, avenue du Panorama, parallèle à la D323 et au circuit Bugatti, procure une agréable sensation de fluidité.
Vient ensuite le Tertre Rouge, probablement l'un des virages les plus importants du circuit. C'est lui qui conditionne toute l'accélération vers les Hunaudières.
Les pilotes cherchent à en sortir avec la vitesse la plus élevée possible, sachant que plusieurs kilomètres de pleine charge les attendent.
On débouche alors sur la mythique ligne droite des Hunaudières. Aujourd'hui interrompue par deux chicanes, elle conserve une impressionnante sensation d'espace. Les longues perspectives à travers les pins donnent une idée de ce que représentaient autrefois ces kilomètres parcourus pied au plancher.
Les chicanes, Daytona et Michelin, discrètes lorsque la route est ouverte à tous, rappellent les évolutions imposées par la sécurité moderne. Puis la forêt s'ouvre progressivement, les panneaux annoncent Mulsanne, et le célèbre virage réapparaît.
La boucle est bouclée !
Nous nous sommes arrêtés sur la ligne droite des Hunaudières entre les chicanes Daytona et Michelin afin de prendre quelques photos…
Aujourd'hui, le Circuit des 24 Heures du Mans mesure exactement 13,626 km (8,467 miles).
Cette longueur est en vigueur depuis l'installation des deux chicanes sur la ligne droite des Hunaudières en 1990, avec quelques ajustements mineurs ultérieurs qui n'ont pas modifié la longueur officielle.
Le record qui reste la référence absolue du circuit actuel est détenu en 3 min 14 s 791 par Kamui Kobayashi sur Toyota TS050 Hybrid, en 2017.
Vitesse moyenne : 251,882 km/h
Pour donner une idée de ces performances, un petit calcul est parlant : à 251,882 km/h de moyenne, Kobayashi parcourait le circuit de 13,626 km en moins de 3 minutes 15.
Cela signifie qu'il franchissait la ligne d'arrivée avec une moyenne supérieure à la vitesse maximale autorisée sur autoroute… Tout en négociant 38 virages !
Notre passage au Circuit des 24 Heures du Mans se termine…
Pour nous ce fut un moment vraiment extraordinaire, sympa et un peu hors du temps...
Nous partons en direction du centre-ville, l’idée étant de découvrir la ville du Mans et notamment sa cathédrale, ce sera pour l’épisode suivant, le n°6, et le dernier pour la journée.