Nous quittons le secteur du Circuit des 24 Heures et nous entrons dans la ville du Mans.
Pour beaucoup, Le Mans évoque immédiatement les 24 Heures. Pourtant, la ville possède plus de deux mille ans d'histoire et compte parmi les plus belles cités historiques de l'Ouest de la France.
Capitale historique du Maine, Le Mans est née à l'époque gallo-romaine sous le nom de Vindinum, cité du peuple des Cénomans, dont le nom donnera plus tard celui des Manceaux. Dès le IIIème siècle, la ville se dote d'une impressionnante enceinte romaine longue d'environ 1 300 mètres, remarquablement conservée.
Nous l’apercevons de Z en cherchant l’accès au parking du centre. Elle figure aujourd'hui parmi les murailles antiques les mieux préservées d'Europe.
Au Moyen Âge, Le Mans devient une place religieuse et politique importante. C'est ici que naît en 1113 Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, dont le souvenir est encore très présent dans la vieille ville. Le quartier historique porte d'ailleurs le nom de Cité Plantagenêt.
Une fois garés nous parcourons le centre. Nous découvrons des ruelles pavées, des maisons à colombages, des hôtels particuliers Renaissance et des demeures en pierre blonde qui semblent avoir traversé les siècles sans perdre leur charme.
La cathédrale domine l'ensemble de la ville ancienne, nous y reviendrons plus loin, tandis que les remparts offrent de magnifiques points de vue sur les quartiers plus récents.
Le Mans est aussi une ville de contrastes. En quelques minutes, on passe des rues médiévales aux larges avenues du XIXème siècle, puis aux quartiers modernes et aux infrastructures liées à l'automobile. Cette cohabitation entre patrimoine et innovation fait une grande partie de son identité.
Aujourd'hui, la ville compte un peu plus de 145 000 habitants, près de 220 000 pour l'agglomération. Elle demeure un important centre universitaire, industriel et technologique, notamment autour des transports, de l'automobile et des matériaux de haute performance. Mais malgré cette modernité, son cœur historique reste étonnamment préservé.
Le Mans ne se résume donc pas à son circuit : c'est une ville où près de vingt siècles d'histoire se lisent au détour de chaque rue.
Dominant la Cité Plantagenêt, la cathédrale Saint-Julien est sans doute le monument le plus impressionnant du Mans. Sa construction s'est étalée du XIème au XVème siècle, ce qui lui donne une silhouette très particulière, mêlant une nef romane massive à un immense chœur gothique d'une étonnante légèreté.
Longue de près de 134 mètres, elle impressionne autant par ses dimensions que par son harmonie. Son chœur gothique, élevé au XIIIème siècle, est considéré comme l'un des plus beaux de France. Les immenses verrières baignent l'intérieur d'une lumière colorée, mettant en valeur les voûtes élancées et les piliers d'une remarquable finesse.
La cathédrale possède également l'un des plus riches ensembles de vitraux médiévaux conservés en Europe, rivalisant avec ceux de Chartres. Certains remontent au XIIème siècle et racontent, comme une immense bande dessinée de verre, les épisodes de la Bible et la vie des Saints.
Un élément superbe également c’est la célèbre fresque du plafond qui se trouve dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale Saint-Julien. Elle représente 47 anges musiciens peints à la fin du XIVème siècle.
C’est un sommet de la peinture gothique occidentale à rapprocher de la célèbre tapisserie de « l'Apocalypse » d'Angers, dont il est contemporain et stylistiquement proche.
Cette fresque ne fut redécouverte qu'au XIXème siècle.
« À l'intérieur, le silence contraste avec l'animation des rues voisines. On prend le temps d'admirer les chapelles, les sculptures, les jeux de lumière et cette impression d'espace qui caractérise les grandes cathédrales gothiques. C'est un lieu où l'on ressent autant le poids de l'histoire que le savoir-faire extraordinaire des bâtisseurs médiévaux. ».
En faisant le tour de la cathédrale, nous trouvons la fameuse pierre de Saint Julien.
En effet, dans un angle de l'édifice se dresse un véritable menhir, haut d'environ 4,5 mètres, connu sous le nom de Pierre Saint-Julien.
Cette pierre levée remonte à près de 6 000 ans. Elle est donc bien plus ancienne que la ville romaine, que la cathédrale et même que l'histoire écrite de la région.
Longtemps considérée comme le « nombril du Mans », elle fut un lieu de cultes païens avant la christianisation.
La tradition raconte que saint Julien, premier évêque du Mans, l'aurait épargnée en la surmontant d'une croix aujourd'hui disparue. Lors de la construction de la cathédrale, le menhir fut tout simplement intégré au monument, symbole saisissant de la rencontre entre les croyances préhistoriques et la foi chrétienne. Il est aujourd'hui classé Monument historique.
En dehors de la semaine des 24 Heures, Le Mans est une ville étonnamment paisible. Les terrasses des cafés occupent les places de la Cité Plantagenêt, les habitants flânent dans les ruelles pavées, tandis que les cloches de la cathédrale rythment encore les journées.
Nous avons noté cette phrase dans un guide :
« Le visiteur est souvent surpris par cette atmosphère tranquille. Ici, rien ne rappelle en permanence les bolides qui font la renommée mondiale de la ville. Puis, au détour d'une rue, une vitrine expose une miniature de Porsche 917, une plaque évoque un pilote célèbre ou une décoration rappelle les 24 Heures. L'automobile est présente, mais avec discrétion. ».
En revanche lorsque l’on approche de la date de la course des 24 heures, tout change. Les rues se remplissent de passionnés venus du monde entier, les moteurs remplacent le calme habituel et la ville entière vit au rythme de la plus célèbre course d'endurance.
« Mais le reste de l'année, Le Mans retrouve son vrai visage : celui d'une élégante cité historique où il fait bon prendre son temps, lever les yeux vers les vieilles façades et savourer le contraste entre un patrimoine plusieurs fois millénaire... Et l'un des circuits les plus mythiques de la planète. ».
Nous terminons notre petit tour de ville et nous récupérons Z dans le parking souterrain.
Les affiches à la sortie du parking font la publicité des 24 heures qui se sont déroulées 9 jours auparavant.
Nous retrouvons la D338 et après 7 km nous arrivons à notre hôtel, à Saint Saturnin.
La température est toujours de 42°C ! Vraiment étonnant !
Fin de cette grande journée et dernier épisode de cette journée numéro 3 !