Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Z4du34
Z4du34
Menu
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10

Les mythiques station-service OZO et Nationale 10

Troisième jour de route en direction de la Côte d’Opale. Nous sommes mardi 23 juin, nous sommes partis de Saint Savin, passés par Châtellerault et nous allons suivre jusqu’au niveau de Tours la D910 qui n’est autre que l’ancienne Nationale 10.
Une des routes mythiques de France comme la Nationale 7, la Nationale 9 ou la Route des Grandes Alpes…
Mais commençons par un mythe dans le mythe : la station-service OZO !

Il fait très bon, le soleil n’est pas encore écrasant…

8 km après la Celle Saint Avant nous voyons de loin la signalétique de la station-service OZO. Nous parlerons de la Nationale 10 juste après.

Attention l’article est assez long ! Mais toujours suivi de nos photos…

La station-service OZO de Bellevue

Cette station-service OZO de Bellevue semble tout droit sortie d'une carte postale des Trente Glorieuses.

Construite entre 1955 et 1956 par l'architecte Paul Lagneau, elle incarnait alors la modernité automobile.

Son immense auvent en béton et surtout sa spectaculaire flèche-totem de onze mètres, inspirés des stations américaines de l'époque, attiraient les automobilistes qui empruntaient cet axe majeur reliant Paris à l'Espagne.

Pendant plus de vingt ans, la station vit défiler les vacanciers des grands départs, les routiers, les familles et les voyageurs en quête d'un plein de carburant, d'un café ou d'une pause avant de reprendre la route.

Mais l'ouverture de l'autoroute A10, en 1977, détourna progressivement le trafic. Comme tant d'autres commerces routiers, la station perdit sa raison d'être et ferma définitivement ses pompes en 1982.

Peu à peu, la végétation envahit les lieux et ce petit chef-d'œuvre d'architecture routière sombra dans l'oubli…

La nouvelle vie de la station-service OZO

Son histoire aurait pu s'arrêter là. Pourtant, plusieurs décennies plus tard, une poignée de passionnés de la Nationale 10, réunis au sein de l'association Nostal'10, décida de lui offrir une seconde vie. Après des milliers d'heures de travail bénévole, des recherches dans les archives, la collecte de dons et le soutien des collectivités, la station retrouva progressivement son apparence d'origine.

Chaque détail fut reconstitué avec le plus grand soin afin de restituer l'atmosphère des années 1950.

Aujourd'hui, on n'y fait plus le plein d'essence, mais on y fait volontiers le plein de souvenirs. La station est devenue un lieu de rendez-vous pour les amateurs de voitures anciennes, de patrimoine routier et de belles nationales françaises. Son architecture élégante, ses couleurs retrouvées et sa célèbre flèche continuent d'attirer les regards des voyageurs qui empruntent la D910.

Plus qu'une simple restauration, cette renaissance illustre l'attachement de nombreux bénévoles à une époque où la route était déjà une destination, où l'on prenait le temps de s'arrêter, d'échanger quelques mots avec le pompiste et de savourer le voyage autant que l'arrivée.

La station OZO est aujourd'hui l'un des plus beaux symboles de cette mémoire routière retrouvée, rappelant que certaines haltes méritent, elles aussi, d'être préservées comme de véritables monuments du patrimoine automobile français.

Comme il n’y a personne ce matin nous en profitons pour « capturer » en photo la station sous toutes ses coutures !

Il faut ajouter que cette station OZO de Bellevue, ou de Saint Maure de Touraine, n'est pas un cas isolé car nous avons déjà rencontré, au bord de l'ancienne Nationale 7, au Coteau, près de Roanne, une autre station OZO construite en 1957.

Elle a connu un destin très similaire : abandonnée après le déclin du trafic des grandes nationales, elle a failli disparaître avant d'être sauvée par une équipe de passionnés.

Restaurée avec le même souci d'authenticité par l'association « Cars, Utilitaires et Compagnie », elle est aujourd'hui, comme sa « sœur » de la D910, un lieu de mémoire où les amateurs de véhicules anciens viennent célébrer l'époque où les stations-service faisaient pleinement partie du voyage.

Les deux stations ont d’ailleurs fêté un jumelage en octobre 2024.

Mais le jour de notre passage à celle de Roanne il y avait du monde et il pleuvait, nous ne nous sommes pas arrêtés mais nous y retournerons…

Pour l’instant nous poursuivons notre route sur la D910.

Nous arrivons à un rond-point qui nous rappelle que nous sommes dans la région d’un fromage qui porte le nom du village traversé.

Sainte Maure de Touraine

Le Sainte-Maure-de-Touraine est un fromage de chèvre AOP au lait cru, à pâte molle et croûte fleurie. Avec une légère odeur caprine dépendant en partie de son affinage, il pourra également avoir un goût de noisette suivant la saison pendant laquelle ce produit laitier est fabriqué.

Sa caractéristique est la paille que l’on trouve en son milieu.

Insérée au cœur du fromage, la paille de seigle du Sainte-Maure-de-Touraine servait historiquement de tuteur pour l'empêcher de se casser au démoulage et faciliter son retournement. Obligatoire depuis 1990 pour l'AOP, elle est aujourd’hui pyrogravée avec l'identité du producteur et constitue une véritable signature de traçabilité.

Son histoire et sa légende se confondent

Basée sur le mot d'ancien français « maure » qui signifie « noire », sainte maure, la sainte noire était, avant de perdre son statut probable de divinité des moissons et des récoltes à la fois picte et celte, responsable des cycles de transformation de la vie.

Elle peut présider, dans l'esprit de ses anciens croyants, à la fermentation bactérienne et à la décomposition des végétaux en noire fumure dans la terre. Elle favorise aussi la richesse des humains, notamment le mûrissement spécifique des fromages et en conséquence assure leur conservation alors que les simples caillés de lait de chèvre restent si facilement altérables.

Une légende rapporte que des femmes arabes, abandonnées à la suite de la défaite à la bataille de Poitiers, auraient appris aux habitants de la région à fabriquer ce fromage. Cette légende explique à sa façon l'emploi de l'appellation Sainte-maure-de-touraine. Prouvés par les données archéologiques, les petits élevages caprins sont présents en Touraine bien avant le VIIIème siècle.

Mais nous ne nous arrêtons pas faire des emplettes car avec 40°C/42°C nos fromages ressembleraient vite à une fondue…

Nous continuons sur la D910, nous allons la suivre jusqu’à Tour, mais le plus intéressant c’est son histoire…

La D910 est l’ancienne Nationale 10, la grande route de l'Ouest

Avant l'autoroute A10, la Route Nationale 10 était la grande artère reliant Paris à l'Espagne. Officiellement créée en 1824, elle reprend le tracé de l'ancienne route impériale n°11, elle-même héritière de la « Route d'Espagne » aménagée dès le XVIIIème siècle sous Louis XV.

Sur près de 760 kilomètres, elle traversait quelques-unes des plus belles régions de France : les plaines de Beauce, la Touraine, le Poitou, l'Angoumois, les Landes puis le Pays basque jusqu'à la frontière espagnole. Elle reliait Paris à Bayonne puis à Hendaye, devenant l'axe privilégié des vacanciers, des routiers et des voyageurs en route vers le soleil.

La route des vacances

Des années 1950 aux années 1980, la RN10 fut surnommée « la route des vacances de l'Atlantique ».

Chaque été, des milliers de voitures chargées de valises, de vélos, de tentes et parfois d'une caravane s'y succédaient. Les célèbres Peugeot 404, Renault 16, Citroën DS ou Simca 1100 côtoyaient les poids lourds, créant une animation permanente dans les villages traversés.

Les stations-service Total, Antar, BP, Shell ou OZO, les relais routiers, hôtels et restaurants vivaient au rythme de cette circulation incessante. Les bouchons estivaux faisaient presque partie du voyage et permettaient parfois de découvrir les commerces locaux, loin de l'anonymat des autoroutes.

Les paysages entre Saint-Savin et Le Mans

Le tronçon que nous empruntons est particulièrement agréable.

Après les vallées boisées de la Vienne autour de Saint-Savin, la route traverse les terres agricoles du Poitou avant de rejoindre la Touraine.

Elle franchit la vallée de la Creuse, puis celle de la Vienne, traverse les environs de Sainte-Maure-de-Touraine, célèbre pour son fromage de chèvre dont nous venons de parler, avant de poursuivre vers Tours.

Plus au nord, les paysages alternent entre cultures céréalières, forêts, villages anciens et grandes perspectives routières, jusqu'aux portes du Maine et du Mans.

Cette succession de longues lignes droites et de courbes douces se prête particulièrement bien à une conduite paisible en cabriolet.

Une route qui a changé de visage

L'arrivée progressive de l'autoroute A10, à partir des années 1970, a profondément transformé la RN10.

Le trafic de transit a quitté le centre des villes. Beaucoup de stations-service, de garages et de restaurants ont fermé leurs portes, tandis que certains tronçons étaient déclassés en RD910 ou intégrés au réseau départemental.

Mais cette évolution a aussi rendu l'ancienne Nationale 10 beaucoup plus agréable à parcourir aujourd'hui : moins fréquentée, elle est devenue une route idéale pour le tourisme automobile.

Nostal'10 : faire revivre la mythique Nationale

C'est précisément pour préserver cette mémoire qu'est née l'association Nostal'10, à Sainte-Maure-de-Touraine.

Depuis 2015, ses bénévoles restaurent le patrimoine routier de l'ancienne RN10 : anciennes stations-service, enseignes, bornes, publicités peintes et témoignages des voyageurs. Ils organisent également les célèbres manifestations « Ça bouchonne sur la 10 », où plusieurs centaines de véhicules anciens recréent les embouteillages des grands départs en vacances des années 1960 et 1970.

Cette association a aussi participé à la restauration de l'ancienne station OZO Bellevue dont nous venons de parler.

Rouler aujourd'hui sur l'ancienne Nationale 10, c'est retrouver une autre façon de voyager.

Là où l'autoroute fait gagner du temps, la « Dix » invite à le prendre. Les anciens garages, les stations-service d'époque, les relais routiers et les traversées de villages racontent encore l'histoire des grands départs vers l'Atlantique et l'Espagne. Pour qui voyage en cabriolet, cette route n'est plus seulement un itinéraire : c'est un patrimoine vivant, où chaque kilomètre rappelle qu'autrefois, le voyage faisait déjà partie des vacances…

Un peu plus loin sur le côté de la route nous remarquons sur une bâtisse l'inscription « Le Cheval Blanc ».

Le Cheval Blanc

« Le Cheval Blanc » est l'un de ces noms emblématiques que l'on retrouve partout en France depuis plusieurs siècles. Bien avant l'automobile, les auberges portant cette enseigne accueillaient les voyageurs, les diligences et les chevaux fatigués. Avec l'arrivée de la Nationale 10, beaucoup sont devenues des hôtels ou restaurants prisés des automobilistes et des routiers. Leur nom évoque encore aujourd'hui cette époque où le voyage se faisait au rythme des haltes, bien loin des aires de service autoroutières.

Pourquoi ce nom ?

Le Cheval Blanc est l'une des enseignes les plus anciennes de France, au même titre que Le Lion d'Or, La Croix Blanche ou Le Grand Cerf.

Plusieurs explications existent :

  • le cheval était naturellement le compagnon indispensable du voyageur
  • le cheval blanc est depuis le Moyen Âge un symbole de noblesse, de fidélité et de protection
  • certains historiens pensent que ces enseignes faisaient aussi référence aux chevaux blancs utilisés dans les relais royaux ou aux représentations de saints cavaliers, notamment Saint Martin

Quoi qu'il en soit, pour le voyageur d'autrefois, apercevoir un panneau « Le Cheval Blanc » signifiait presque toujours qu'il trouverait un repas chaud, une chambre et une écurie pour sa monture.

Hier on y faisait souffler les chevaux, dans les années 50 on y faisait parfois une pause pour laisser refroidir les moteurs…

Aujourd’hui plus besoin de laisser refroidir les moteurs !

Nous avançons, toujours une route assez rectiligne…

Et nous voilà à Sorigny.

Sorigny

Un des panneaux d’entrée de la ville est aux couleurs de la « Route Nationale 10 ».

Mais ce que nous remarquons c’est le panneau « Éolienne Bollée – 1897 »

Éolienne Bollée

Sur le côté de la route, un peu à l’écart, se dresse une éolienne Bollée, une remarquable machine conçue à la fin du XIXème siècle par les ingénieurs de la famille Bollée, célèbres notamment pour leurs cloches et leurs innovations mécaniques.

L'inscription « 1897 » correspond très vraisemblablement à l'année d'installation de l'éolienne d'origine. À cette époque, la commune l'avait fait installer afin de pomper l'eau alimentant le lavoir municipal, sans avoir recours à une machine à vapeur ou à un moteur. La force du vent actionnait une pompe située dans un puits.

L'histoire de cette éolienne est assez mouvementée :

  • elle fut installée en 1897
  • elle fonctionna pendant plusieurs décennies pour l'alimentation en eau
  • elle fut malheureusement démontée dans les années 1960 et envoyée à la ferraille
  • en 2014, l'association Sorigny Patrimoine retrouva une éolienne Bollée très semblable à Saint-Gervais-la-Forêt, près de Blois, acquise pour l'euro symbolique
  • après deux années de restauration, elle fut remontée à l'entrée sud du village et inaugurée en 2017

Les éoliennes Bollée étaient très en avance sur leur temps. Contrairement aux moulins à vent classiques, elles possédaient :

  • une double turbine (un rotor et un stator) qui améliorait considérablement le rendement ;
  • un système d'orientation automatique face au vent ;
  • une transmission destinée non pas à moudre du grain, mais à actionner une pompe à eau.

Cette conception, mise au point par Auguste Bollée dans les années 1880, connut un réel succès auprès des communes, châteaux et grandes propriétés.

Mais le membre de la famille « Bollée » que nous connaissons c’est celui qui a le plus marqué l'histoire de l'automobile, c’est Amédée Bollée père (1844-1917).

Issu d'une famille de fondeurs de cloches du Mans, il est aujourd'hui considéré comme l'un des tout premiers pionniers de l'automobile, certains historiens le qualifiant même de premier constructeur à avoir commercialisé des voitures…

Nous en reparlerons car l’article est déjà bien long !

Nous repartons sur la Nationale 10, enfin l’actuelle D910.

C’est toujours bien rectiligne… Mais parfois à l’ombre, ce qui est vraiment très agréable…

Ensuite nous contournons la ville de Tour par l’ouest et nous prenons la D938 en direction du Mans.

Nous apercevons un panneau, nous quittons l’Indre et Loire, que nous avons donc complètement traversé du sud au nord, et nous entrons dans le département de la Sarthe, région Pays de la Loire, vallée du Loir.

Nous filons sur la route, toujours quasiment en ligne droite...

Elle a simplement changé de nom en changeant de département, passant de D938 à D338.

Le Mans et son circuit se rapprochent, nous savons que le virage de Mulsanne au sud du circuit se trouve sur la D338…

Fin de l’épisode 2 sur 6 pour ce 3ième jour de notre balade.

Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10
Les mythiques station-service OZO et Nationale 10