Cet article fait partie d’une série qui fait suite à 23 jours de balade où nous avons parcouru 3 990 km avec des routes formidables, des paysages magnifiques et vécu plein d’aventures qui sont racontées en détail dans nos articles.
Cette balade estivale n°2 a eu lieu du 31 août au 22 septembre 2026, et cet épisode 4 sur 4 se déroule dans l’après après-midi du mardi 1er septembre 2026.
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Au cœur du Massif central, dans le sud-est de l’Auvergne, le Puy-en-Velay s’est développé dans un paysage volcanique spectaculaire, dominé par des pitons rocheux sur lesquels se dressent notamment la cathédrale Notre-Dame et la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe que nous venons de visiter, voir l’épisode précédent.
Ancienne cité du Velay, la ville est depuis le Moyen Âge un important centre religieux et un point de départ historique du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Préfecture de la Haute-Loire, elle comptait 18 540 habitants en 2023.
Son économie repose principalement sur les commerces et les services, les administrations, la santé et l’enseignement, mais aussi sur le tourisme patrimonial et religieux. Elle demeure le principal pôle urbain et économique d’un territoire rural où l’agriculture et les activités industrielles conservent également leur place.
Le centre-ville étant piétonnier nous allons nous garer à la place du Breuil, mais cette fois ci nous allons utiliser le parking souterrain.
Le nom Breuil vient d’un ancien terme désignant un espace de terrain clos, souvent un pré ou un lieu de pâture.
Inauguré en octobre 1982, le parking souterrain du Breuil est un équipement important du centre-ville réalisé pour répondre aux difficultés de stationnement. Le projet, confié notamment à l’architecte Auguste Boudignon, a nécessité des travaux de terrassement considérables sous la place du Breuil.
Si l’accès et l’intérieur sont comme tous les parkings souterrains le cheminement de sortie est surprenant : on se croirait dans le métro parisien !
Mais si l’on a l’impression de pénétrer dans une station de métro, ce n’est pas un hasard !
Le passage piéton souterrain qui dessert le parking a été rénové avec un carrelage blanc biseauté explicitement inspiré du métro parisien. Ce type de faïence, emblématique des stations du réseau parisien depuis le début du XXème siècle, réfléchit la lumière et contribue à rendre plus lumineux un espace enterré. La municipalité a précisément retenu ce choix pour éclaircir le passage et lui donner une apparence plus accueillante.
Une touche urbaine assez inattendue dans cette cité historique du Velay, qui nous rappelle que notre promenade ne commence pas seulement avec les monuments : même les aménagements contemporains ont leur petite histoire !
Nous passons devant le bel hôtel de ville.
L’actuel hôtel de ville fut construit au XVIIIème siècle sur la place du Martouret, à l’emplacement d’anciens bâtiments municipaux plusieurs fois détruits par des incendies. Les plans sont dus à l’architecte Jean-Claude Portal ; la construction, décidée en 1763, est achevée en 1766. Son architecture de style Louis XV se distingue par une façade relativement sobre, un avant-corps central et un balcon à ferronnerie. Le bâtiment a lui-même subi de nouveaux incendies, notamment en 1817 et en 1964.
Mais nous ne nous attardons pas, nous avons une idée en tête : aller acheter un, ou deux ou quatre Pavés de Pannessac !
Impossible pour nous de résister à cette spécialité gourmande, proposée notamment par la pâtisserie-chocolaterie La Cabosse, rue Pannessac.
Il s'agit d'une gourmandise composée d'une coque ou d'un biscuit en meringue renfermant un cœur fondant au chocolat blanc délicatement parfumé à la verveine…
Une gourmandise qui emprunte tout simplement son nom à la rue où se trouve la boutique !
Mais voilà la boutique est fermée !
Déception… Nous ne gouterons pas au délicieux Pavé de Pannessac aujourd’hui.
Il nous faudra revenir l’été prochain…
Nous attaquons maintenant la solide montée de la rue des Tables pour arriver devant la superbe cathédrale.
Édifiée principalement entre le XIème et le XIIIème siècle, la cathédrale Notre-Dame domine la vieille ville depuis les pentes du rocher Corneille. Sanctuaire marial majeur, elle fut pendant des siècles une étape importante sur les chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Son architecture romane, ses coupoles et sa façade polychrome lui donnent une silhouette très particulière. Sa longueur est d’environ 68 mètres, mais c’est surtout son implantation sur un terrain fortement dénivelé qui impressionne.
Depuis le Moyen Âge, le Puy-en-Velay est l’un des grands points de départ du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Vers 950, l’évêque Godescalc entreprend ce voyage en Espagne : il est considéré comme l’un des premiers pèlerins français connus. La Via Podiensis, aujourd’hui matérialisée notamment par le GR 65, traverse ensuite les paysages du Velay, de l’Aubrac, du Quercy et des Pyrénées avant de rejoindre l’Espagne. La cathédrale et les chemins de Compostelle sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.
Une fois dans la cathédrale nous nous attardons sur quelques pièces remarquables.
Ce grand tableau du XVIIème siècle représente les consuls du Puy-en-Velay, agenouillés devant la Vierge, accompagnés de plusieurs personnages religieux. Leurs robes rouges leur donnent une allure presque uniforme, qui avait attiré notre attention.
En 1653, à la suite d’une nouvelle épidémie, les consuls, administrateurs laïcs de la ville depuis le XIIIème siècle, commandèrent au peintre Jean François le « Vœu des Consuls ».
Le tableau les représente autour de la Vierge noire aux pieds de laquelle se trouvent saint Roch et saint Sébastien, tous deux traditionnellement invoqués contre la peste. On y voit également en bas à gauche le « roi de l’oiseau », meilleur archer de la ville, qui participait à toutes les festivités de l’année.
Adossé à la cathédrale, le cloître constitue l’un des joyaux de l’ensemble épiscopal. Principalement aménagé aux XIème et XIIème siècles, il offre un contraste saisissant avec l’animation de la ville : quatre galeries entourent une cour paisible, réservée autrefois aux chanoines. Ses arcades polychromes, ses colonnes et ses chapiteaux témoignent de la richesse de l’art roman, tandis que des traces de couleurs rappellent que la pierre médiévale n’était pas toujours laissée nue.
La chapelle du cloître et son bateau votif
La petite maquette de bateau portant l’inscription « Étoile des mers, veillez sur nous » évoque une tradition très ancienne : celle des ex-voto marins, offerts en remerciement d’une protection ou en demande de secours.
Sa présence au Puy, loin de la mer, est insolite !
Elle rappelle que les sanctuaires mariaux accueillent des témoignages de dévotion venus d’horizons très divers. Je reste toutefois prudent sur l’origine exacte de cette maquette sans disposer de sa notice patrimoniale.
Cette peinture évoque les sept Arts libéraux, hérités de l’enseignement antique et médiéval : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique et astronomie.
Ils constituaient les disciplines fondamentales de la culture savante, réparties entre le trivium (les arts du langage) et le quadrivium (les sciences du nombre et de l’harmonie). Leur représentation dans un ensemble religieux rappelle l’importance accordée au savoir dans les milieux ecclésiastiques médiévaux.
La Vierge noire du Puy est l’une des figures les plus célèbres du sanctuaire. Vénérée depuis des siècles, elle attire des pèlerins venus confier leurs prières à Notre-Dame de l’Annonciation. La statue actuelle est une copie réalisée au XIXème siècle, après la destruction de l’ancienne statue pendant la Révolution française. Sa couleur sombre et son expression solennelle participent à la force symbolique de cette dévotion mariale.
Il y a bien d’autre choses dont on pourrait parler dans cette cathédrale…
Nous sortons par le côté où se trouve le clocher.
Et nous arrivons au porche Saint Jean.
Le porche Saint-Jean, sur le côté nord de la cathédrale, forme l’un des accès historiques à l’édifice. Il appartient à cet ensemble architectural où les entrées, les passages et les différences de niveaux témoignent de l’adaptation de la cathédrale à la pente. Ses portes anciennes sont elles-mêmes des éléments patrimoniaux protégés.
Détail étonnant de la cathédrale du Puy-en-Velay : les deux grands vantaux en bois de la porte Saint-Jean, datés du XIIème siècle, sont recouverts de parchemin !
Ce matériau, plus volontiers associé aux manuscrits médiévaux, est explicitement mentionné dans l'inventaire du ministère de la Culture. Hauts de près de quatre mètres, ces vantaux sont également équipés de pentures et de ferrures en fer forgé.
Une particularité ancienne bien réelle, dont la raison d'être reste à éclaircir.
Nous apercevons l’imposante statue de Notre Dame de France.
Dominant la ville depuis le rocher Corneille, cette statue monumentale de la Vierge à l’Enfant fut inaugurée le 12 septembre 1860. Œuvre du sculpteur Jean-Marie Bonnassieux, elle mesure 16 mètres de haut, et 22,70 mètres avec son piédestal.
Particularité étonnante : elle fut réalisée en fonte provenant de 213 canons russes pris lors du siège de Sébastopol,
À l’époque, elle comptait parmi les plus grandes statues monumentales du monde. Son intérieur creux abrite un escalier qui permettait de monter jusqu’à la couronne de la Vierge, d’où l’on pouvait découvrir un panorama exceptionnel sur les toits du Puy et les reliefs volcaniques du Velay.
Nous avions déjà eu la chance de grimper jusque dans sa tête lors d’une précédente visite ; cette fois, nous nous contenterons de l’admirer d’en bas… Et de nous souvenir de cette étonnante ascension !
Car depuis notre passage nous avons vu que le site touristique annonce actuellement une fermeture temporaire pour travaux de restauration, avec une réouverture prévue après environ 18 mois…
Nous terminons notre visite en descendant par les vieilles rues.
Nous comptions nous désaltérer au Robinson mais là aussi : fermé !
C’est finalement chez Yann Sabot, Maître Artisan et Champion du Monde des jeunes pâtissiers jury dégustation, que nous trouverons une excellente glace…
… À la verveine évidemment !
Cette promenade nous aura permis de revoir quelques-uns des trésors du Puy-en-Velay, entre ruelles anciennes, patrimoine religieux et surprises architecturales.
Mais il reste bien d’autres choses à voir : les autres rochers volcaniques qui dominent la ville, l’hôtel-Dieu, le musée Crozatier et bien d’autres curiosités encore.
Le Puy mérite que l’on prenne le temps de revenir, de lever les yeux et de sortir des itinéraires les plus fréquentés…
Nous reprenons Z pour rejoindre notre hôtel, tout proche, lorsque notre regard est attiré par un superbe ouvrage ferroviaire.
Il s’agit du viaduc des Quatorze Ponts ou des 14 arches, , situé à Chadrac, sur l’ancienne ligne de chemin de fer reliant Saint-Étienne au Puy-en-Velay.
Construit en seulement onze mois, entre juin 1864 et mai 1865, il mesure 236 mètres de long et 25 mètres de haut. Ses quatorze arches sont bâties avec, notamment, de la pierre d’arkose extraite des carrières voisines de Blavozy.
Un bel exemple du savoir-faire des ingénieurs et des ouvriers du XIXème siècle !
Notre hôtel est situé justement à Blavozy.
Blavozy doit une bonne partie de son histoire à l’arkose, une roche ressemblant à un grès, riche en quartz et en feldspath, extraite localement depuis l’Antiquité.
Les carrières ont fourni des pierres de construction et de sculpture, utilisées notamment pour des édifices de la région et pour le viaduc des Quatorze-Ponts.
Quant au nom de Blavozy, attesté sous différentes formes dès le XIIIème siècle, son origine reste incertaine : les spécialistes de la toponymie le considèrent probablement comme prélatin. Le village, devenu commune indépendante en 1895, conserve ainsi une identité profondément liée à cette pierre locale.
Un beau viaduc pour terminer cette grande journée : même en rejoignant simplement notre hôtel la route nous réserve encore quelques belles découvertes !