Nous sommes toujours sur la D613
Au départ c’était une Route Nationale, la RN613 ou N613.
Cette route a été créé en 1933 pour relier Narbonne avec les hautes contrées de l'Ariège, elle est la seule route allant du Nord-Est en Sud-Ouest dans le département de l'Aude.
Elle fait 144 km de long au total.
Cette première partie de journée nous allons l’emprunter sur 37 km environ, de son « départ nord » au niveau de la D6113 actuelle à la sortie de Narbonne, à Montredon des Corbières exactement, jusqu’au col de Villerouge.
Mais nous la retrouverons par la suite.
« Son trajet est assez tortueux, passant par beaucoup de petits villages, et aussi des sites exceptionnels d'un point de vue touristique, cette route est toujours utile et fréquentée pour relier la capitale ancestrale de l'Aude aux portes des Pyrénées. La Route des cols l'emprunte en partie. ».
C’est la grande réforme du 1er janvier 1972 qui a déclassé la N613, Nationale, en voie Départementale, D613.
Donc toujours sur la D613 nous franchissons le Rémouly et profitons immédiatement après d’une jolie aire aménagée pour les pique-niques.
Juste avant le pont nous avions remarqué un panneau indiquant « Talairan - Terroirs de truffes ».
Nous allons traverser ce village après le déjeuner.
Sur le plan historique et culturel, la commune de Talairan fait donc partie du massif des Corbières, un chaos calcaire formant la transition entre le Massif central et les Pyrénées.
Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par la Nielle, le ruisseau du Rémouly, le ruisseau de Cayrote, le ruisseau de Moure, le ruisseau des Vals et par divers autres petits cours d'eau.
La commune possède un patrimoine naturel remarquable :
Talairan est une commune rurale qui comptait 436 habitants en 2022, après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1975. Ses habitants sont appelés les Talairanais et Talairanaises.
Mais ce qui est le plus réputé c’est sa spécialité : la truffe !
Et son marché…
Voici un extrait d’un article de février 2025…
« Le troisième et dernier marché aux truffes noires de la saison s’est déroulé le samedi 1er février 2025.
Des prévisions climatiques incertaines ont entraîné son organisation dans la cour de l’école.
C’est finalement un beau soleil qui accompagna la quinzaine de producteurs locaux qui exposaient tout autour de la cour.
Pendant la matinée, les sept trufficulteurs présents ont apporté leur récolte pour le tri de qualité effectué par des membres de l’association des trufficulteurs audois.
" S’il y a peu de rejet au tri, c’est que la qualité est optimale.
Nous vendons toujours la même qualité mais c’est le meilleur moment.
La truffe, c’est la fête après les fêtes.
Je dis toujours "Faites des provisions, achetez la truffe après les fêtes pour la conserver toute l’année".
" Un congélateur fait très bien l’affaire pour se régaler l’été par exemple ", indique Alain Giniès, président de l’association des trufficulteurs audois.
Ce sont finalement 5,9 kg de tuber melanosporum qui auront été mis sur les tables dans l’attente des acheteurs. Une fois les sacs de truffes contrôlées descellés, Thierry Mestre, président de l’association des trufficulteurs talairanais, a donné le coup de trompe, ouvrant ainsi le marché des truffes à proprement parler.
Selon les trufficulteurs, les transactions étaient fixées à 900 ou 1 000 euros le kilo.
La traditionnelle démonstration de la brouillade aux truffes, suivie de sa dégustation, a une nouvelle fois rencontré un franc succès.
Une façon de montrer que l’on peut se régaler facilement et de façon peu coûteuse avec le diamant noir audois.
Ces marchés restent un événement phare de la commune. Ces marchés sont bien ancrés dans la tradition des manifestations du village. Ils attirent du monde des villages voisins… ».
Ce n’est pas la saison mais le prochain marché est prévu le 31 janvier 2026…
Une fois le pique-nique terminé nous reprenons la D613.
Nous traversons Talairan dont nous avons parlé plus haut et nous jetons un coup d’œil à une plaque Michelin au centre du village.
Cette plaque est toujours là. Nous l’avions regardée de près en avril 2024 mais elle est beaucoup plus ancienne puisqu’elle date de juillet 1930, le 12 du mois probablement, ce n'est pas trop lisible...
Mais ce qui nous avait étonné 🤔 c’est la présence d’une voiture grise garé pratiquement devant la plaque.
D’après les photos Google elle était déjà là en 2012 !
Et ce 14 septembre 2025 la petite voiture grise est toujours garée devant la plaque Michelin. 😳
Nous passons ensuite devant le grand bâtiment « Foyer des Campagnes » face à la mairie.
Nous continuons notre descente vers le sud et nous arrivons à une intersection, la route D23 part sur notre droite.
Mais ce que nous remarquons c’est une haute borne blanche qui « trône » au milieu du terre-plein.
Une inscription y figure : "R.DEP N°12 DE NARBONNE A CHALABRE, avec une petite flèche" indiquant le sud.
Nous ne savons pas de quand elle date…
C’est une forme et un format assez peu courant, s’agit-il d’une série ?
Il semblerait que ses indications se rapportent à une période antérieure à la D613, créée en 1933 et définie comme « la route de Narbonne à Ax-les-Thermes ».
Il pourrait s’agir d’une borne liée au chemin vicinal de Grande Communication n°12 dont la section entre Saint-Laurent-de-Cabrerisse et Couiza fut intégrée à la D613…
Nous allons essayer de le savoir…
Pour l’instant nous continuons notre route et nous arrivons rapidement au 1er col de la journée
Il est répertorié sous le « matricule » FR-11-0404. Il a donc une altitude de 404 mètres.
Le panneau est placé dans un virage, et derrière lui coule un petit ruisseau qui a créé une assez profonde gorge, dévoilant une terre teintée de rouge caractéristique des lieux.
Depuis Talairan la montée mesure 6,2 kilomètres, pour un dénivelé positif de 225 mètres.
Et l’ascension a une pente moyenne de 3,6% mais les 100 mètres les plus raides sont à 8%.
C’est donc le 1er col des 11 cols prévus dans la journée.
En route pour les suivants, ce sera dans les prochains épisodes !