D’ailleurs vous pourrez trouver dans ce blog quelques articles de nos passages dans ce secteur, parfois sous la pluie, parfois sous le soleil !
https://z4du34.com/2022/11/viaduc-de-garabit-village-de-blesle.html
https://z4du34.com/2022/12/viaduc-de-garabit-vallee-de-la-haute-truyere.html
https://z4du34.com/2024/09/viaduc-de-garabit-et-ancienne-nationale-9.html
Aujourd’hui nous nous intéressons à un ancien virage redouté qui existe toujours sur cette Nationale 9 maintenant dénommée D909...
Nous avons recherche les évolutions de ce virage, ce qui nous a amené à étudier les transformations des routes dans le secteur de Garabit… Vous trouverez 100 photos pour illustrer tout cela !
Tout est parti d’une ancienne carte postale à la légende étonnante :
« Garabit (Cantal) – Le Virage de la Mort (passage très dangereux).
La Route Nationale passe cinq fois sous le viaduc, formant ainsi une des côtes les plus rapides de France. »
Première question : de quand date cette carte postale ?
Cette carte est particulièrement intéressante car elle montre l'ancienne route nationale, la Nationale 9, passant sous le viaduc avant les aménagements modernes.
Plusieurs indices permettent de proposer une date, à défaut d’avoir un cachet postal :
Nous avons déjà une petite collection de « Virages de la Mort », de « Tournants de la Mort » ou de « Ponts de la Mort » dans toutes les régions de France !
D’ailleurs nous en ferons bientôt un article récapitulatif…
Pour en revenir à la carte on constate que le viaduc de Garabit est déjà pleinement intégré au paysage, mais la route reste non revêtue et très rustique.
Je daterais donc cette CPA entre 1910 et 1918, avec une probabilité plus forte autour de 1912-1915.
Sous l'immense arche métallique du viaduc de Garabit se trouvait autrefois l'un des passages routiers les plus redoutés du Massif central.
Lorsque le viaduc fut construit entre 1880 et 1884 par les ingénieurs Léon Boyer et Gustave Eiffel, il dominait déjà de plus de 120 mètres les gorges de la Truyère.
À cette époque, la route nationale serpentait au fond du vallon selon un tracé hérité des anciens chemins de montagne.
Pour gagner de l'altitude et franchir le relief très abrupt de Garabit, la chaussée décrivait une série de lacets extrêmement serrés. Le parcours passait à plusieurs reprises sous les travées métalliques du viaduc. Les guides touristiques de l'époque soulignaient qu'on apercevait successivement l'ouvrage sous différents angles, donnant l'impression qu'il surgissait sans cesse au-dessus du voyageur.
Le plus célèbre de ces lacets était surnommé le « Virage de la Mort ».
Cette appellation spectaculaire n'était pas uniquement destinée à impressionner les touristes.
Les attelages, puis les premières automobiles, devaient y négocier une pente particulièrement forte sur une chaussée étroite, souvent recouverte de gravillons, de boue ou de neige selon les saisons.
Les véhicules descendant vers la vallée risquaient de voir leurs freins surchauffer. Les montées étaient tout aussi difficiles pour les moteurs des premières automobiles, peu puissants. Les chauffeurs devaient parfois engager la première vitesse bien avant le virage.
La présence du viaduc renforçait encore l'impression de danger. Au sortir du lacet, le regard était immédiatement attiré vers les piles géantes et l'arche métallique suspendue dans le vide. Les voyageurs décrivaient fréquemment un mélange de fascination et d'inquiétude.
Au début du XXème siècle, le site devint une étape renommée pour les touristes motorisés.
Les cartes postales représentaient souvent ce virage avec parfois une automobile arrêtée afin de montrer à la fois la difficulté du virage et la grandeur du viaduc.
La légende de notre carte précise que « la Route Nationale passe cinq fois sous le viaduc ».
Cette formule était devenue un véritable argument touristique. Elle soulignait le caractère exceptionnel du tracé routier qui s'enroulait autour du relief pendant que la voie ferrée franchissait la vallée d'un seul bond à plus de 120 mètres de hauteur.
Avec l'amélioration progressive du réseau routier dans l'entre-deux-guerres, puis surtout après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs portions furent rectifiées. Les passages les plus dangereux furent élargis ou abandonnés.
La transformation du paysage fut encore accentuée par la création du barrage de Grandval en 1959, qui fit monter le niveau de la Truyère et modifia profondément l'aspect de la vallée.
Aujourd'hui, il subsiste encore des traces de ces anciens lacets qui permettaient autrefois de passer plusieurs fois sous le viaduc.
Ils rappellent l'époque héroïque où les voyageurs découvraient soudain, au détour d'un virage poussiéreux, ce qui était alors l'un des plus hauts viaducs du monde…
Construit entre 1880 et 1884, long de près de 565 mètres et culminant à 122 mètres au-dessus de la Truyère, le viaduc de Garabit demeure l'un des chefs-d'œuvre majeurs de l'ingénierie française du XIXème siècle.
Le passage de la Truyère puis la création du barrage de Grandval un peu plus à ouest de Garabit ont donné lieu à la construction de plusieurs ponts. Les routes pour les desservir furent considérablement modifiées.
La chronologie que nous avons reconstituée concernant ces ponts est la suivante :
Il existait un pont « historique » en pierre, de style « gothique » ou « médiéval » utilisé notamment par l'ancienne RN9
Ce pont maçonné à plusieurs arches, situé tout au fond des gorges, était pratiquement au niveau de la rivière.
Il apparaît sur les cartes postales du début du XXème siècle, souvent avec le viaduc d'Eiffel en arrière-plan.
Sa route d’accès était particulièrement sinueuse.
En juin, ou août 1944, les sources divergent, la Résistance fait sauter deux de ses arches pour gêner les mouvements allemands dans le secteur. Les témoignages locaux parlent d'un « petit pont de pierre » partiellement détruit.
Un pont « provisoire » est construit après la guerre en conservant une pile centrale de l’ancien pont. Les arches détruites sont remplacées par des travées métalliques « provisoires »…
C’est un pont poutre mixte acier-béton armé, d’environ 165 mètres.
Nous n’avons pas encore trouvé de date certaine mais il a certainement été construit vers 1958/1959, c’est-à-dire un peu avant la mise en eau du barrage de Grandval (1959-1960), puisque l'ancien fond de vallée a été noyé sous plusieurs dizaines de mètres d'eau.
Le niveau de la retenue a réduit la hauteur libre du viaduc d'Eiffel de 122 m à environ 95 m au-dessus de l'eau.
Les tabliers métalliques de l’ancien pont provisoire sont démontés avant le remplissage du lac.
C’est ce dernier pont que nous empruntons aujourd’hui, mais il y en a un dernier.
Il faut aussi ajouter le dernier pont construit avec l’autoroute A75.
C’est un pont autoroutier à béquilles. Il est situé au kilomètre 104 de l’A75, près de Ruynes-en-Margeride et Val d'Arcomie. Il enjambe la Truyère, presque parallèlement au viaduc ferroviaire mis en service en 1888 …
Ce pont autoroutier mesure 311 mètres de long. Il a été mis en service en juin 1993 et a été inauguré le 2 juillet 1993 par François Mitterrand.
Après son franchissement une aire sur l’autoroute permet d’admirer le viaduc ferroviaire de Gustave Eiffel…
Les photos qui suivent ont été prises le 11 avril 2026. La série commence sur l’ancienne Nationale 9, actuelle D909, juste avant le pont moderne, côté nord, environ ici :
44.974304, 3.172544
Elle se poursuit ensuite jusqu’au Gite de Garabit où nous avons opéré un demi-tour pour revenir à notre point de départ.
Nous avons inséré des cartes postales anciennes et des photos aériennes.
La suite de notre balade fut la route D13, la route de Ruines, (anciennement GC13) et le spectacle d’un audacieux base-jumper qui a sauté du viaduc pour tomber tout à côté de la Truyère…
Mais les photos seront pour un prochain épisode !