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Cabourg, un peu en Z beaucoup à pied

Cabourg, un peu en Z beaucoup à pied

Nous voilà au terminus de notre 4ième journée : Cabourg !
Depuis notre départ du Mans – Saint Saturnin nous avons parcouru 290 km, en voiture, franchi quelques cols et visité, à pied, deux des plus beaux villages de France…
Donc un peu fatigués nous commençons notre visite à Cabourg…
… En Z, sur l’avenue de la mer !

Bon, nous connaissons la ville et nous avions envie d’y passer une paire de jour…

On ne cachera pas que le temps consacré à la plage a été très réduit car le lendemain une balade avec la visite d’Honfleur fut au programme…

Reprenons notre arrivée à Cabourg en commençant par quelques généralités sur la ville.

Cabourg

Cabourg est aujourd’hui une petite ville d’environ 3 725 habitants, mais ce chiffre est assez trompeur pour une station balnéaire : près de 80 % des logements sont des résidences secondaires. En été, la population et la fréquentation changent donc complètement d'échelle.

À l'origine, Cabourg est un modeste village de pêcheurs, installé entre la Dives et la mer. Le véritable tournant intervient en 1853, lorsque l'avocat et homme d'affaires parisien Henri Durand-Morimbeau et Achille Colin imaginent d'y créer une station de bains de mer. Une société thermale est constituée en 1854, les dunes sont rachetées et un nouveau plan urbain est dessiné : les avenues rayonnent en éventail autour du futur casino. Cabourg-les-Bains est inaugurée en 1855.

Et ce plan explique encore aujourd'hui une particularité assez spectaculaire : beaucoup de rues convergent vers le Grand Hôtel et le casino, véritables centres de la station à la Belle Époque. Entre 1881 et 1899, près de 400 édifices sont construits !

L'ambiance actuelle reste donc très marquée par cette époque : villas, bow-windows, balcons ouvragés, céramiques, mosaïques, couleurs pastel et surtout colombages néo-normands. La ville possède un ensemble architectural Belle Époque particulièrement bien conservé.

Et bien sûr, il y a Marcel Proust : pour soigner son asthme chronique ses séjours réguliers au Grand Hôtel entre 1907 et 1914 ont largement contribué à faire de Cabourg le « Balbec » littéraire de « À la recherche du temps perdu ».

Nous allons tout droit et passons devant le monument aux morts, sur notre droite.

Le monument aux morts de Cabourg

Il se trouve dans le parc de la mairie. Il rend hommage aux Cabourgeais morts dans les différents conflits, notamment les deux guerres mondiales. Sa particularité est la présence d'un Poilu mourant en défendant le drapeau, ce qui lui donne une représentation assez différente des classiques « Poilu victorieux » que l'on rencontre dans beaucoup de communes.

Puis nous passons devant l’office du tourisme et la grande roue, sur notre gauche.

L'office de tourisme et la grande roue de Cabourg

La grande roue est évidemment un équipement saisonnier d'animation touristique, et sa présence derrière l'office donne une image assez amusante du Cabourg contemporain : derrière les façades Belle Époque, la station reste une ville de loisirs très active.

Puis, à notre droite maintenant, nous voyons la mairie.

La mairie de Cabourg

La mairie est installée dans un bâtiment qui participe pleinement au décor Belle Époque de la station, avec ses jardins qui constituent aujourd'hui un agréable espace public.

Un détail intéressant : Cabourg emploie 180 agents municipaux à l'année et près de 300 en été, ce qui illustre assez bien le changement d'échelle entre la petite ville permanente et la station balnéaire estivale.

Nous arrivons maintenant sur l’avenue de la mer.

C'est vraiment le cœur commercial de Cabourg.

L'avenue de la Mer à Cabourg

Elle mesure environ 600 mètres et concentre restaurants, cafés, boutiques, souvenirs, alimentation et commerces de bouche. L'office de tourisme la présente comme un lieu animé tout au long de l'année, mais évidemment particulièrement vivant aux beaux jours.

Nous sommes agréablement surpris de pouvoir l’emprunter en Z car elle est parfois entièrement piétonnisée, notamment lors des beaux jours ou d'événements.

L'été, elle devient même un des centres de la vie nocturne : terrasses, concerts et marchés nocturnes.

Aujourd’hui il y a du monde sur les trottoirs mais ça circule bien.

Nous tournons à droite devant le Grand Hôtel et nous arrivons place Marcel Proust.

Place Marcel Proust : notre logement !

Excellent emplacement car nous sommes quasiment au cœur du Cabourg proustien.

Le temps de stationner Z, de déposer nos affaires, et nous partons nous balader à pied.

Nous commençons par le Grand Hôtel.

Le Grand Hôtel de Cabourg

C'est évidemment LA vedette architecturale de Cabourg.

Le premier établissement de luxe date de 1861, mais le bâtiment que nous voyons aujourd'hui est celui inauguré en 1907, conçu par les architectes Lucien Viraut et Émile Mauclerc, en même temps que le casino.

L'ensemble Grand Hôtel plus casino constitue l'un des ensembles balnéaires Belle Époque les mieux conservés de France.

Proust y séjourna régulièrement de 1907 à 1914. Proust était encore à Cabourg en septembre 1914 lorsque le Grand Hôtel fut réquisitionné, et cette circonstance explique son départ définitif.

Il évoquera Cabourg sous le nom de Balbec dans La Recherche.

Marcel Proust est évidemment indissociable du Grand Hôtel. Une ancienne carte postale documentaire indique qu'il y occupait la chambre 137, en citant les souvenirs de sa gouvernante Céleste Albaret. Aujourd'hui, c'est la chambre 414 qui porte officiellement le nom de Marcel Proust et qui peut même être louée comme chambre historique. La numérotation ayant probablement évolué au fil des transformations de l'hôtel, nous laisserons aux spécialistes le soin de trancher !

Pour les cinéphiles nous précisons que le Grand Hôtel a également servi de décor à plusieurs films, notamment « La Boum » et « Intouchables ».

Devant le Grand Hôtel nous pouvons voir un buste et une sculpture dorée.

Le buste d’Henri Durand-Morimbeau

C'est l'un des fondateurs de la station balnéaire.

Avocat et homme d'affaires parisien, il est à l'origine, avec Achille Colin, du projet de transformation des dunes de Cabourg en station de bains de mer à partir de 1853-1854.

Son buste à cet emplacement prend tout son sens car Cabourg lui doit en grande partie sa naissance comme station balnéaire.

Les deux oiseaux dorés

Cette sculpture installée dans les jardins du Casino représente un Grand Swann d’Or.

Les « oiseaux » sont en réalité deux cygnes enlacés, leurs becs se rejoignant, et leur silhouette forme également deux cœurs accolés. C'est la représentation géante du trophée du Festival du film de Cabourg, le Swann d'Or.

Le trophée original est fabriqué par la Monnaie de Paris. La ville a acquis une réplique géante pour l'installer dans les jardins du Casino.

De part et d’autre du Casino et du Grand Hôtel se trouvent des maisons à colombage.

C'est l'un des grands charmes de la ville.

Il ne s'agit pas d'un style architectural unique inventé à Cabourg, mais d'un mélange très réussi de Belle Époque et de néo-normand.

On trouve :

  • colombages
  • bow-windows
  • balcons en bois ou métal
  • loggias
  • céramiques
  • mosaïques
  • façades colorées
  • toitures et épis de faîtage très décoratifs

La municipalité souligne même que les épis de faîtage représentent souvent des animaux : oiseaux, renards, écureuils, chats…

C'est ce mélange qui donne à Cabourg cette identité très particulière : une station balnéaire mondaine qui a choisi de se donner une apparence de grande maison normande de vacances.

Nous arrivons au casino.

Le casino de Cabourg

L'histoire du casino est presque aussi ancienne que celle de la station.

Le premier casino est construit en bois en 1854, au moment de la création de Cabourg-les-Bains. Jugé trop proche de la mer, il est remplacé en 1867 par un nouveau bâtiment.

Celui-ci sera agrandi, modernisé puis finalement remplacé en 1909 par le casino que nous pouvons voir aujourd'hui, construit avec le nouveau Grand Hôtel.

Ce casino est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1993.

Mais attention ! Lorsque nous sommes passés devant, il était fermé.

Car depuis le 28 avril 2026, le Casino de Cabourg a déménagé avenue de la Brèche Buhot, dans un bâtiment neuf beaucoup plus vaste.

L'ancien casino, installé ici depuis 1909 aux côtés du Grand Hôtel, est donc désormais fermé…

Il est temps d’aller voir la promenade de la plage face à la mer

Un mot sur la plage et son mobilier

La promenade qui longe la plage est la Promenade Marcel Proust, longue d'environ 3,6 km.

Elle constitue véritablement l'épine dorsale touristique de Cabourg.

Et le mobilier n'est pas là par hasard.

Les colonnes Morris que nous avons remarquées appartiennent au Méridien de l'Amour, créé en 2016 pour le 30ème anniversaire du Festival du film de Cabourg.

Cinq colonnes représentent les cinq continents et présentent le mot « amour » dans 104 langues.

Les clous métalliques qui jalonnent la promenade sont eux aussi décorés de deux cygnes entrelacés.

Et les fameux bancs portant des prénoms comme Muriel et Pascal ont également une histoire romantique : ils ont été proposés dans le cadre du financement participatif du Méridien de l'Amour. Les donateurs pouvaient faire graver les deux prénoms de leur choix sur un banc.

Donc Muriel et Pascal ne sont pas nécessairement des célébrités !

Ce sont probablement simplement deux amoureux qui ont payé pour immortaliser leurs prénoms face à la mer.

Si Cabourg se revendique « capitale romantique » on peut ajouter que Cabourg n’a pas perdu le sens des affaires qui a abouti à sa création…

Après notre petit tour à la plage nous regagnons notre appartement, où un dessert des plus exotique nous attend… Exotique pour des Montpelliérains !

Car après toutes les découvertes et les kilomètres de la journée, nous nous sommes offert une récompense parfaitement normande : une bonne teurgoule !

Hmmmm… La bonne teurgoule !

La teurgoule est une spécialité normande née vraisemblablement au XVIIIème siècle.

Son histoire est liée à l'arrivée du riz et des épices en Normandie, notamment dans le contexte des risques de disette de cette époque. Une tradition attribue à l'intendant François-Jean d'Orceau de Fontette l'introduction du riz et la diffusion d'une recette permettant de le cuisiner.

C'est, en gros, un riz au lait très longuement cuit, avec lait entier, riz, sucre et généralement cannelle. Mais sa particularité est précisément cette cuisson lente : plusieurs heures dans une terrine en grès, jusqu'à obtenir une préparation extrêmement fondante et une croûte brune.

Son nom serait issu de « teurd-goule », littéralement « tord-gueule » : soit parce qu'on la mangeait brûlante, soit parce que les premières préparations étaient moins moelleuses que celles d'aujourd'hui.

Elle peut être servie chaude, tiède ou froide et s'accompagne traditionnellement de fallue, une brioche normande, et éventuellement de cidre. Les chefs contemporains en proposent aussi des versions revisitées.

Nous nous sommes contentés d’une version de supermarché mais c’était bon.

En revanche en retrouver à Montpellier ne va pas être simple…

Pendant notre repas et bien après la Teurgoule nous avons remarqué beaucoup d’aller et venues face à notre fenêtre…

Le parking mystérieux de la place Marcel Proust à Cabourg !

En effet, juste en face de notre appartement, un parking clos nous réservait un petit spectacle inattendu.

De temps en temps de très belles voitures en sortaient, ou y étaient ramenées, par des conducteurs différents mais toujours avec la même tenue, chemise blanche, pantalon et petit gilet noirs.

Nous avons supposé qu'il s'agissait du parking du Grand Hôtel.

Et, au vu de l’exiguïté du clos et du nombre de voiture à l’intérieur, voir les chauffeurs manœuvrer pour sortir une Porsche ou une Jaguar garée au fond du clos sans en toucher une autre fut un petit spectacle amusant !

Fin de cette 4ième journée de voyage, il ne reste plus que 15 jours de balade !

Cabourg, un peu en Z beaucoup à pied
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