Mais juste avant réglons un petit problème de voyant « low tire » qui était allumé depuis la veille. Il était allumé tout simplement parce que je n’avais pas fait le « reset » après le gonflage…
Il fait 27°C la journée s’annonce très chaude…
Nous prenons la route à l’estime !
Car nous n’avons pas de carte détaillée de l’étape et nous ne nous servons pas des GPS des téléphones.
L’idée est de suivre au maximum la Nationale 9, jusqu’à son départ… Ou son arrivée !
Puis d’enchainer avec la Nationale 7.
« La route nationale 9, ou RN 9, est une route nationale française ayant relié à son apogée Moulins à la frontière franco-espagnole, au col du Perthus, via Clermont-Ferrand, Saint-Flour, Millau, Béziers et Perpignan. Elle est une des grandes liaisons radiales traversant le Massif central et est aujourd’hui supplantée par l'autoroute A75 sur une grande partie de son parcours. ».
C'est donc à Moulins que commence la RN 9 (déclassée) en direction de Clermont-Ferrand et de Perpignan puis de l'Espagne.
Enfin pour nous ce sera le terminus de la route puisque nous « montons » vers le nord.
Son nom est maintenant D2009.
Nous traversons Gannat… Le Mayet d’École, où nous devons suivre un bon moment un (lent) convoi exceptionnel…
Puis nous arrivons à Saint Pourçain sur Sioule, et enfin à Moulins.
Ce sont des coins que nous connaissons déjà, la route n’est pas passionnante…
La ville de Moulins est une ville très agréable, c'est la préfecture de l’Allier, vous pouvez regarder notre visite ici !
Et en plus on peut y manger dans un restaurant sympa, pour le voir c'est là !
Quelques mots sur le grand et beau pont qui nous permet d’entrer à Moulins.
Le pont Règemorte est un pont en pierre au-dessus de l'Allier.
Il porte le nom de Louis de Règemorte, l'ingénieur qui l'a conçu et construit au milieu du XVIIIe siècle. Pont innovant pour son époque, il fut le premier à résister aux fortes crues de la rivière. Il fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1946.
Les travaux de construction vont durer dix ans, de 1753 à 1763.
Les déblais extraits de la rivière pour y placer le radier servent à la construction de digues côté rive droite pour protéger la ville de Moulins des crues.
Le pont résistera jusqu'à nos jours à toutes les crues dont les deux crues exceptionnelles de 1790 et de 1866, et a servi de modèle pour le pont de Loire à Nevers et le pont-canal du Guétin.
« Lors de la Seconde Guerre mondiale, le colonel d'Humières était chargé de la défense du secteur de Moulins. Il décida, contre l'avis du maire, René Boudet, qui souhaitait une « ville ouverte », d'établir une ligne de défense sur la rive gauche de l'Allier et de miner une des arches du pont, la cinquième en partant de la rive gauche, en disposant dessus six tonnes de nitrite.
Quand les Allemands envahirent la ville en provenant de Nevers et de la rive droite, le 18 juin, il fit sauter l'arche du pont, à 14 h 10, pour empêcher, la traversée des troupes allemandes. Le souffle de l'explosion détruisit de nombreuses vitres de Moulins, dont celles de la salle du conseil municipal, alors en réunion extraordinaire.
Une passerelle en bois sera assez rapidement installée et l'arche n°9 sera reconstruite en béton et blocs de pierres quelques mois plus tard, fin 1940.
Durant l'Occupation, cette partie de la rivière Allier marquait la ligne de démarcation qui séparait la France en deux, une zone occupée au nord et à l'ouest et zone libre au sud. La ligne séparait également le quartier de la Madeleine (seule partie de Moulins en zone libre) du reste de la ville. Le pont Règemorte sera un des principaux points de passage.
Ne peuvent alors franchir le pont que les possesseurs de laisser-passer. Outre les contrôles de l'armée puis de la douane allemande, la gendarmerie française contrôle elle aussi le pont, pour lutter contre le marché noir.
Le passage clandestin seul ou avec l'aide de passeurs à travers la rivière est alors la seule solution pour ceux qui ne possèdent pas de laisser-passer. ».
Depuis le 20 novembre 2023 un autre pont permet de franchir l’Allier, ce pont encore non baptisé, permet de désengorger la circulation sur le pont Règemorte et ses 22 000 véhicules par jour !
Une fois le pont Règemorte traversé nous cherchons la Nationale 7 pour aller en direction d’Orléans.
Mais sans carte et sans GPS ce n’est pas si simple car les panneaux directionnels nous envoient systématiquement sur l’autoroute A77…
Donc nous avançons avec parfois quelques kilomètres d’autoroute…
Mais la Nationale 7 méritera une balade spécifique que nous préparerons !
Cette route mythique est riche en documentation.
Nous en parlerons plus en détail dans l’épisode 3.
Nous passons devant le Château d’Avrilly
Edifié à partir du XVème siècle, le château d’Avrilly est souvent présenté comme pavillon de chasse d’Anne de Beaujeu.
Il était en fait la résidence des trésoriers des ducs de Bourbon, fréquemment reçus sur ce territoire effectivement propice à la chasse.
Sa construction est parachevée au XIXème siècle grâce au paysagiste Achille Duchêne qui a su agencer, avec une harmonie exceptionnelle, huit bâtiments illustrant plusieurs périodes architecturales, sept bassins et 100 ha de bois et percées, dans l’un de ses plus beaux parcs, à la française et à l’anglaise.
À la suite de son acquisition en 1873 par le comte de Tournon, le site est resté dans la même famille. Il fit grand bruit lorsqu’en 1909, le dirigeable République, fleuron de la technologie militaire française, s’écrasa sur les grilles du parc sous les yeux du propriétaire et de son architecte.
Nous n’avons pas le temps de voir ce château de près…
Et nous continuons notre route.
Cependant nous faisons un petit arrêt sur une aire de repos.
Cette aire n’a rien de remarquable, sauf qu’elle est vraiment absolument désertique aujourd’hui.
Mais ce qui nous a étonné c’est le ballet de cigognes autour d’un tracteur débroussaillant un champ jouxtant l’aire de repos !
Quelques photos et nous reprenons l’autoroute… Puis la route… Puis re-autoroute… Pour prendre la sortie 38 afin d’aller voir le circuit de Magny Cours…
Ce sera l’épisode suivant !
Une fois notre petit tour autour du circuit de Magny Cours nous reprenons la route et retrouvons l’ancienne Nationale 7 sous le nom de D907.
Nous arrivons à la Charité sur Loire par le bord de la Loire, du côté de son célèbre pont.
La ville est située sur la rive droite de la Loire. La superficie de la commune est de 1 578 hectares, son altitude varie entre 153 et 215 mètres.
Elle compte environ 4 700 charitoises et charitois.
La présence d’un passage à gué dans le lit de la Loire fut probablement à l'origine de la création de la ville.
Vers 700 existe une petite bourgade dénommée Seyr où un sous-diacre dénommé Lioup fonda une église dédiée à la Vierge et un monastère soumis à la règle de saint Basile. Le nom de La Charité sera donné ultérieurement, du fait de celle dont les moines faisaient preuve envers les pauvres de passage.
La Charité-sur-Loire s'est développée autour d'un prieuré clunisien et de deux églises érigées par les moines en 1059, le tout protégé par des remparts. L'église Notre-Dame, la plus grande d'Europe après celle de l'abbaye de Cluny, est édifiée à partir du XIème siècle. Le prieuré bénédictin devient rapidement l'un des plus beaux, des plus riches et des plus renommés d'Europe. Le pape Pascal II le consacre en 1107. Il compte près de 400 dépendances dans tout le monde chrétien jusqu'aux portes de la Terre sainte à Constantinople.
Aujourd'hui, subsiste le chœur et l'abside du monastère prioral.
La ville compte d’autres points intéressants et elle mériterait un arrêt plus long...
Nous entrons donc par la D907 et longeons sur notre gauche, juste avant la Loire, un vaste parc : la Promenade des Anglais !
C’est notamment une longue allée plantée d’une centaine de beaux platanes.
En face de cette allée, sur notre droite, se trouve un monument pour rappeler la présence de Jeanne d’Arc devant la ville.
Ce siège est conduit à l'automne 1429 par Jeanne d'Arc.
Jeanne d'Arc, pour le compte de Charles VII, tente de reprendre la ville, alors contrôlée par le capitaine Perrinet Gressart qui la tient depuis décembre 1423.
Perrinet Gressart était un homme de guerre et aventurier d'extraction modeste, plus ou moins indépendant mais ordinairement à la solde des Anglais et du duc Philippe de Bourgogne durant la guerre de Cent Ans.
La Charité-sur-Loire n'était pas très bien fortifiée, mais était assez ravitaillée pour résister à un long siège. Les forces de Jeanne d'Arc ne disposaient pas, de plus, d'artillerie. Le 7 novembre 1429, Jeanne demande à la ville de Clermont de lui envoyer des vivres. Deux jours plus tard, elle renouvelle sa demande. Charles II d'Albret, qui accompagnait Jeanne d'Arc, envoya lui aussi une lettre à Riom le même jour. Bourges et Orléans envoyèrent finalement des renforts ainsi que des pièces d'artillerie. Cependant, le siège fut levé un mois plus tard à cause des prémices de l'hiver rigoureux.
Bien plus tard, à la fin de 1435, contre une forte rançon et le titre de gouverneur de la ville à vie, Perrinet Gressard évacue La Charité-sur-Loire, qui est reprise par l'armée de Charles VII.
Ces négociations le font passer dans le camp du roi de France à la suite de la signature du traité d'Arras en 1435.
Il meurt vers 1438, à la tête d'une grosse fortune amassée grâce aux rançons qu'il a accumulées…
Le monument passé nous voyons le grand pont qui franchit la Loire.
Ce pont sur la Loire est un pont de pierre daté de 1520. Ce pont permet à la nationale 151 de franchir le fleuve Loire.
Sur les 11 Arches qui soutiennent le pont, seules 10 sont visibles, une arche est visible dans les caves de la rue du pont, l’ouvrage ne possède qu’une seule arche batelière, elle est repérable à sa pyramide de pierre (elle à portée une croix jusqu’à la révolution), l’arche permettait le passage des bateaux sous le pont.
Le pont est régulièrement emprunté par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.
Construit en 1552 par le prieur Jean de la Magdeleine de Ragny, le pont sera modifié puis reconstruit aux XVIIème siècle par les ingénieurs Berthe et Poictevin, et au XVIIIème siècle lors de la restauration de tous les becs du pont sous la direction de Pitrou puis de Gendrier.
Certaines arches ont été reconstruites en 1733.
En juin 1940 les soldats français détruisent une arche du pont de pierre pour protéger leur retraite vers le Cher, mais une passerelle de fortune des Allemands remplace rapidement cette arche.
Par ailleurs, le 19 juin 1940, en pleine déroute française, les troupes allemandes découvrent, par hasard, à La Charité-sur-Loire, un train abandonné transportant les archives secrètes du Grand quartier général français, comprenant, entre autres, la convention militaire française, secrète, avec la Suisse.
Le 20 juin 1940, Léopold Sedar Senghor, alors soldat de deuxième classe d'un régiment de tirailleurs sénégalais, fit partie des soldats fait prisonniers par les Allemands près du pont de La Charité-sur-Loire.
En 1944, aura lieu la reconstruction à l’identique des arches 1 à 3 (du côté ville) suite aux bombardements de l’armée allemande.
Il mesure 210 mètres de long, de 5,30 à 6,06 mètres de largeur de chaussée, de 50 à 85 cm de largeur de trottoirs. C’est un lieu de passage stratégique sur la Loire par la nationale 151.
Justement nous sortons de la Charité sur Loire par la N151.
La suite dans le prochain épisode !