Notre premier arrêt est justement sur une aire d’arrêt un peu particulière car c’est avant tout un espace dédié à la pêche, site nommé Tel Galou.
Commençant au pied du Château d'Estaing le lac de Golinhac, établi sur le cours du Lot, s'étend sur une superficie de 53ha pour une profondeur maximale de 30 mètres.
C’est le 2ème lac de barrage EDF situé sur le Lot à 310 m d'altitude.
La pêche peut y être pratiquée toute l'année (2° catégorie piscicole).
Poissons : perche, sandre, silure, brochet, gardon, rotengle, carpe.
Ses eaux suivent le profil de l’ancien lit du Lot en épousant les méandres sur environ 6,5km, soit d’Estaing jusqu’au mur du barrage.
Sa largeur varie de 45m au plus étroit à 160m au secteur le plus large, qui se trouve environ à mi-parcours.
Le plan d’eau ne subit pas de marnages trop importants mais peut néanmoins baisser d’un mètre pendant l’été.
Lors des fortes crues du Lot, les eaux peuvent se teinter fortement ce qui en général compromet la pêche pendant plusieurs jours…
Aisément accessible sur les 2/3 amont (route et chemin carrossable), les fonds y sont peu encombrés mis à part les herbiers de bordure et d'une profondeur maxi de 14 m
Le tiers aval est quant à lui beaucoup plus difficile d'accès car le lac entre dans des gorges escarpées (quelques accès en rive droite)
Pour prospecter correctement cette partie du lac, une embarcation est nécessaire, le moteur thermique est autorisé ici, mais, afin d’éviter la dégradation des berges et par mesure de sécurité, la vitesse y est limitée à 10km/h.
Pour les détails liés à la pêche consultez ce site peche-poissons.com
Concrètement sur place nous découvrons un joli ponton de bois et un plan incliné pour faciliter la mise à l’eau des embarcations.
Nous survolons les panneaux d’informations et nous reprenons la route.
Les gorges sont très ouvertes, on peut apercevoir par endroits le Lot sur notre gauche.
Nous arrivons à Carmarans, un petit hameau plus haut sur notre droite et sur notre gauche une stèle.
« Si l'on en croit le chanoine Antoine Debat, le hameau de Cadamarans, nom initial, est mentionné dans les anciens pouillés (les registres des bénéfices ecclésiastiques) en qualité de bodomie : c'est un bénéfice simple et sans charge d'âme à l'entière disposition de l'évêque.
L'abbé de Grimaldi en parle comme d'un ermitage dédié à Saint-Michel.
Le hameau conserve de nombreux vestiges architecturaux de la fin du 15ème siècle ou du début du 16ème siècle.
Sept familles sont recensées en 1659, elles seront cinq en 1835 et on note 29 habitants en 1868.
En 1872 le hameau est relié à Estaing par le percement de la route nationale 120.
La N120 « historique » que nous essayons de suivre mais qui dans cette partie des gorges du Lot a été ennoyée à la suite de la création du barrage…
Mais pas seulement la N120…
Car une partie du vignoble sur les côteaux et prairies près de la rivière fut également noyée lors de la construction du barrage de Golinhac entre 1956 et 1960. Si la vocation agricole du hameau n'a pas disparu, il a aujourd'hui d'abord une vocation résidentielle.
En face de l’accès à Carmarans se trouve une stèle mémorielle.
Durant la seconde guerre mondiale, sur la commune de Golinhac, un maquis se réunissait dans un ancien moulin, le Moulinou.
Ce moulin est aujourd’hui détruit et noyé par le lac de Golinhac, mais il était exactement au niveau de la stèle, simplement plus bas au bord du Lot.
Ce maquis était sous les ordres de « Jean-Pierre », sous ce pseudonyme se cachait Jean-Pierre Monteil.
« D’abord soldat puis roi de l’évasion, Jean Pierre Monteil a ensuite créé le maquis Jean Pierre entre Estaing et Entraygues.
En 1942, animé par un esprit de liberté et de justice, il crée donc le Maquis Jean-Pierre avec quelques patriotes aveyronnais, d’Estaing et d’Espalion notamment.
« Entre le 6 juillet et le 7 août 1944, 37 missions seront accomplies par le maquis Jean-Pierre : embuscades, sabotage, enlèvement de gradés allemands. En raison de la trop grande affluence des volontaires au Moulinou, Pierre Monteil ouvre une “annexe” du maquis au château de Roquelaure, commune de Lassouts.
…
Enfin, quand les Allemands quittent Rodez au matin du 18 août, les hommes du maquis Jean-Pierre sont les premiers résistants à entrer dans la ville. ».
Après la libération de Rodez, il s’engage à la tête de ses hommes dans l’armée régulière française et fera toute la campagne (Tyrol, Autriche, Allemagne) jusqu’à la fin de la guerre. ».
« Bien que l’Aveyron soit libéré de la présence de tout soldat allemand, les hommes du maquis Jean-Pierre sont décidés à poursuivre la lutte et à bouter l’ennemi hors de France. Aussi, s’engagent-ils dans l’armée régulière française afin de contribuer à la capitulation du Troisième Reich.
Cela les conduira tout d’abord jusqu’en Bourgogne, puis en Alsace, où les combats sont particulièrement violents, les Vosges, puis l’Allemagne, notamment le Tyrol, jusqu’à être force d’occupation en Autriche, vers Bregenz en juillet 1945… »
Chaque année une commémoration a lieu devant cette stèle…
Nous continuons notre route et rapidement nous arrivons à la chapelle Del Dol, mai si nous voyons bien le panneau sur notre droite, nous n’apercevons qu’à peine le clocher de cette chapelle émerger de la végétation…
La suite dans le prochain épisode !