Un peu avant Montsalvy, à 3 ou 4 km, nous passons de l’Aveyron au Cantal. Une aire de repos se trouve exactement au niveau de cette frontière interdépartementale, nous y reviendrons dans le prochain épisode.
Le château d’Entraygues sur Truyère étant à 231 mètres d’altitude et l’église de Monsalvy à 785 mètres la route grimpe sensiblement de 554 mètres…
La côte de Montsalvy a été plusieurs fois parcourue lors du Tour de France, en 1959, 1968, 1983, 2004.
Le profil de l’ascension varie suivant les routes d’accès :
Donc 3 ou 4 km avant Montsalvy nous changeons de département, nous quittons l’Aveyron pour entrer dans le Cantal.
Une borne indique le passage de cette « frontière ».
Nous détaillerons le site dans le prochain épisode.
Nous voilà à Montsalvy.
Cette commune, de 850 habitants, comporte un bourg médiéval remarquable, elle fait partie depuis 2014 des Petites Cités de Caractère.
Ce label présente ainsi la commune :
« Une cité médiévale au passé riche.
Charmante cité du Cantal, entre Aurillac et Rodez, Montsalvy est le parfait symbole d’une petite ville au caractère bien trempé. Avec ses ruelles pittoresques, ses porches médiévaux, son abbatiale et sa motte castrale, elle invite à se plonger dans l’histoire. Au cœur de cette cité, l’architecture sublimée par les toitures en lauzes raconte des siècles de vie et de traditions. Découvrez une cité où l’histoire se mêle à la vie quotidienne ! ».
Montsalvy a été fondée vers 1066 comme monastère avec une sauveté par Bérenger de Millau, époux d'Adèle de Carlat.
L’appartenance historique de Montsalvy au Carladès est à l’origine du lien avec la principauté de Monaco où sont conservés les actes les plus anciens de la sauveté de Montsalvy. Celui de la fondation, daté de 1066, se retrouve dans Les documents historiques relatifs à la vicomté de Carlat conservés à Monaco.
Co-écrite par Gustave Saige, archiviste du palais de Monaco et le Cantalien Édouard de Dienne, étudiant alors l’histoire du Carladès, l’édition est financée par le prince Albert 1er de Monaco en 1900.
On y apprend que Montsalvy y est fondé grâce à une donation de Béranger vicomte de Carlat au moine Gausbert. Il construit un monastère et un des premiers hospices de Haute-Auvergne. Le château de Mandulphe propriété de la vicomté de Carlat, mentionné dans la charte, lui doit protection.
Ce lien historique explique peut-être la présence récente dans la région d’Albert II de Monaco …
Au centre du village se trouve une place où les diligences, et ensuite les autobus, faisaient halte.
Nous y reviendrons également dans l’article suivant.
Là aussi un « monument » local mérite l’attention…
L'Auberge Fleurie est une charmante étape aux confins du Lot et de la Truyère qui semble exister depuis longtemps.
Elle est souvent décrite de belle façon :
« Une bonne fée semble s'être penchée sur cette auberge qui propose une table enthousiasmante où terroir et modernité s'entendent à merveille !
L'Auberge propose également une cave à vins remarquable. ».
L'auberge est tenue depuis de nombreuses années par Jean-Pierre Courchinoux, un grand passionné de cuisine. Vous apprécierez des plats finement cuisinés comme sa papillote de désossé de cuisse de canard au foie gras sur son lit de foin, son filet mignon de " téchou " (porc fermier) à la plancha ou encore son filet de lieu avec son écrasé de pomme de terre. Pour conclure, un financier à la poire avec sa crème anglaise à la pistache... Délicieux. Cette très bonne adresse, à retenir pour votre séjour dans le Cantal, propose aussi sept chambres.
« Chez Pascal et Maxime, à la sortie de Monsalvy, petite cité de caractère, cette charmante auberge a le privilège, outre sa façade végétalisée et son accueillante salle de restaurant d’offrir à ces hôtes la fine et savoureuse cuisine du chef qui sait choisir ses produits et renouveler sa carte en suivant les arrivages du marché local. Filet de turbot embeurrée de poireaux, mijotée de veau aux morilles accompagné de truffade et des desserts aux associations inventives et de caractère au même titre que les assiettes assez minimalistes au demeurant. Belle carte des vins et service avenant. ».
Table Gourmande notée 12/20 en 2022
Malheureusement nous ne nous y arrêterons pas cette fois… Mais l’adresse est notée !
Nous sortons de Montsalvy par la route d’Aurillac, auparavant elle était bordée de beaux arbres, des platanes semble-t-il, aujourd’hui ils ont totalement disparu…
C’est une disparition commune à toute la région Occitanie et au-delà.
La raison souvent invoquée est la présence du chancre coloré.
Le chancre coloré est une maladie vasculaire incurable due à un champignon, le Ceratocystis platani, qui s’attaque uniquement aux platanes et provoque leur dépérissement.
Sa virulence lui permet d'infester même les individus en bonne santé. L'arbre est condamné à mourir en quelques mois ou années, aucun traitement curatif n'étant actuellement disponible. Le seul moyen de lutte efficace est d’abattre l’arbre infecté et de l’incinérer.
Le champignon infecte l'arbre au travers des blessures au niveau du tronc ou des racines, colonisant rapidement les tissus. Il se propage en outre d'arbre en arbre via des contacts racinaires (anastomoses), par l’eau ou encore par l’homme, via le déplacement de bois, sciures contaminées ou encore d’outils de taille et d’engin de chantier mal désinfectés, véhicules, dispositifs d’accrochage ou de fixation dans les arbres, outils et engins utilisés pour les travaux d’élagage, fauchage, débroussaillage, terrassement, etc.
Mais la disparition des platanes dans le cas présent peut aussi être liée à d’autres raisons sécurité routière, travaux d’aménagement, …
Nous passons maintenant non loin du site du Puy de l’Arbre, mais comme nous le connaissons déjà nous ne nous y arrêterons pas.
Remarquable belvédère naturel, le Puy de l’Arbre surplombe le village de Montsalvy. Des monts du Cantal à l’Aubrac, des contreforts des Cévennes au Rouergue, du Quercy aux collines du Limousin, un vaste panorama circulaire s’offre au promeneur.
Cet emplacement stratégique conserve de nombreuses parts d’ombres…
Nous traversons maintenant un autre village.
La loi du 20 janvier 1790 précisait que le nom de la commune était celui du lieu où se trouvait le clocher de la paroisse. A cette époque, Lafeuillade était un tout petit hameau de la commune de Lacapelle en Vézie, mais il y avait l’église…
A partir des années 1880, du fait de sa situation le long de la route nationale (RN 120 devenue maintenant RD 920), ce hameau de Lafeuillade se développa au détriment du village de Lacapelle en Vézie, chef-lieu de la commune.
En 1890, un bâtiment à usage de Mairie et d’Ecole y fut édifié ; plus tard, un bureau de Poste, le Télégraphe et le Téléphone vinrent compléter ces équipements.
Le village prit de l’importance dans les années 1920-1930 et s’affirma comme le centre administratif et commercial de la commune.
En 1932, devant cet état de fait, le Conseil Municipal de Lacapelle en Vézie décida de demander le transfert du chef-lieu à Lafeuillade, avec comme nouvelle dénomination : Lafeuillade en Vézie
Le chef-lieu de commune est donc né le 10 mars 1932 par décret du Président de la République Paul Doumer.
Lorsque le patois était largement utilisé, le mot « fouliado » désignait ses habitants. Fouliado, Feuilladais. Depuis une dizaine d’années, l’appellation Vézifeuillandin, associant les deux noms Lafeuillade et Vézie, remplace l’ancienne désignation.
Nous continuons vers Aurillac mais avant d’y arriver il faut passer la Côte de Sénilhes, mais nous le ferons dans le sens de la descente !
La côte de Senilhes se situe entre Arpajon sur Cère et Montsalvy, sur la route départementale 920. Il s’agit d’un lieu-dit nommé Senilhes.
Cette côte a été considérablement améliorée au cours du temps car la route constitue un axe de circulation important du sud du Cantal.
Des archives départementales indiquent que cette côte a fait l’objet de travaux d’aménagement importants dans les années 1986-1987, notamment :
Plus tard la mise à trois voies de la côte de Senilhes a amélioré et sécurisé la circulation, même si des accidents graves ont encore été à déplorer, dont un mortel en 2020…
Accidents généralement dues à la vitesse excessive dans la descente, sens Montsalvy vers Arpajon…
Nous entrons maintenant dans Arpajon sur Cère et un vélocipède géant nous accueille, installé sur un rond-point.
Nous nous sommes demandé pourquoi ce grand bi et pourquoi à cet endroit…
Après de vaines recherches nous avons contacté la mairie d’Arpajon sur Cére par mail et le service technique nous a aimablement répondu, voir la réponse dans les photos.
Ensuite nous trouvons facilement notre hôtel qui se trouve en limite de la zone hôtelière et dont notre chambre donne sur la campagne.
La véritable campagne avec un beau troupeau de vaches qui paissent tranquillement.
Bienvenue dans le Cantal !