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Châtellerault et son mystérieux Fouga Magister

Châtellerault et son mystérieux Fouga Magister

Troisième jour de route en direction de la Côte d’Opale. Nous sommes mardi 23 juin, nous partons de Saint Savin et 275 km nous attendent.
Toit dans le coffre le soleil va taper toute la journée, nous commençons avec 32,5°C à 9h00, puis 40°C à l’heure du pique-nique pour terminer à 42°C toute l’après-midi, y compris pendant notre visite du Mans… Mais c’était mieux que les 43,5°C de la veille !
Nous avons découpé cette troisième journée en 6 épisodes.
Épisode 1 sur 6 : Châtellerault et son mystérieux Fouga Magister.

Nous partons de Saint Savin vers 9h00 avec une météo toujours en vigilance « rouge » mais nous n’avons pas ressenti le besoin de mettre le toit de journée.

L’idée du parcours du jour était la suivante, 275 km, et nous l’avons respectée :

Saint Savin → Paizay le Sec → Chauvigny → Châtellerault → D910 l’ancienne Nationale 10 → Station-service OZO → Tours → D938 → D338 (la D938 qui passe de l’Indre et Loire à la Sarthe) → Marigné Laillé → Jupilles dans la forêt de Bercé → Mulsanne → Circuit des 24 heures du Mans et ses virages mythiques (2 fois !) → Centre-ville du Mans, dont la prestigieuse cathédrale → Saint Saturnin

Mais mauvaise surprise au départ de Saint Savin.

La disparition de l’écusson

En général nous essayons toujours d’avoir une place de stationnement comprise dans les hôtels que nous choisissons, mais là ce ne fut pas possible.

Aussi Z a passé la nuit sur une place publique devant l’hôtel, stationnement gratuit.

Et, au matin, nous avons eu la surprise de voir que l’écusson d’aile, côté passager, avait disparu…

Cependant l’hypothèse d’un vol n’est pas la seule car depuis nous avons appris que ces écussons avaient une (fâcheuse) tendance à se décoller et tomber, sous l’effet de la chaleur…

Il est vrai que la journée précédente nous avons enregistré pratiquement toute l’après-midi une température de 43,5°C…

Donc « accident » ou vol le résultat est le même, nous n’avons plus d’écusson d’aile côté passager…

Malheureusement nous aurons plus tard une autre mauvaise surprise… Quasi identique !

Pour le moment nous prenons la route après un dernier coup d’œil à la belle abbaye de Saint Savin.

Nous prenons la D951.

Une route assez rectiligne et monotone…

Nous passons à Paizay le Sec et continuons vers Chauvigny. Nous prenons alors la D749 en direction de Châtellerault.

Et, un peu avant cette ville, nous remarquons un avion sur un pylône, nous décidons d’aller le voir de plus près…

Le mystérieux Fouga Magister de Châtellerault

Donc en passant devant l'aérodrome de Châtellerault-Targé nous avons remarqué ce Fouga perché sur son pylône qui m’a rappelé le Breguet Alizé de la Base Aéronavale de Nîmes que je connais bien !

Ces avions sont les véritables symboles d’une période de l'aviation française…

Le Fouga Magister

Le Fouga CM.170 Magister est un avion d'entraînement à réaction français conçu au début des années 1950. Son premier vol remonte au 23 juillet 1952, et il entre en service dans l'Armée de l'Air en 1956. Il est considéré comme le premier avion d'entraînement à réaction construit en grande série dans le monde, ce qui lui valut d'être adopté par de nombreuses forces aériennes de l'OTAN. Au total, près de 930 exemplaires furent construits en France, en Allemagne, en Finlande et en Israël.

Sa silhouette est immédiatement reconnaissable grâce à son empennage en V, surnommé « papillon », une innovation qui lui confère une ligne très élégante.

Quelques caractéristiques :

  • Équipage : 2 personnes (élève et instructeur, assis en tandem)
  • Longueur : 10,06 m
  • Envergure : 12,15 m
  • Masse maximale : environ 3,2 tonnes
  • Motorisation : 2 turboréacteurs Turboméca Marboré
  • Vitesse maximale : environ 715 km/h
  • Plafond : 11 000 à 12 000 m
  • Autonomie : environ 900 à 1 400 km selon les versions.

Le Fouga fut également l'avion de la Patrouille de France de 1964 à 1980, avant d'être remplacé par l'Alpha Jet. Beaucoup de Français gardent en mémoire ses démonstrations de voltige…

Le Fouga de Châtellerault

L'appareil exposé à l'entrée de l'aérodrome de Châtellerault-Targé (LFCA) est identifié par son numéro de série 133. Des photographies prises sur place montrent qu'il est installé en monument depuis au moins le début des années 2000, et il est vraisemblablement en place depuis la fin des années 1990.

En revanche, malgré plusieurs recherches, je n'ai trouvé aucune archive publique indiquant avec certitude :

  • son unité d'origine
  • son numéro militaire complet
  • la date exacte de son installation
  • ou les circonstances de son don à l'aéroclub

Il est fréquent que ces avions exposés aient été réformés par l'Armée de l'Air puis cédés à une commune ou à un aéroclub, mais chaque appareil possède une histoire propre qui n'est pas toujours documentée publiquement.

Pourquoi un Fouga à Châtellerault ?

Sa présence est particulièrement logique. L'aérodrome de Châtellerault-Targé est l'un des plus anciens terrains d'aviation de la région, créé avant la Seconde Guerre mondiale…

Pendant des décennies, il a accueilli une importante activité aéronautique civile et militaire, notamment avec la proximité des établissements de maintenance aéronautique de Châtellerault.

Le Fouga constitue donc un hommage aux générations de pilotes militaires formés sur cet avion et au patrimoine aéronautique local.

Il existe peut-être une histoire encore plus intéressante…

Car, avec le numéro de construction, il est souvent possible de retrouver toute la carrière de l'appareil : date de fabrication, premier vol, escadrons successifs, heures de vol, date de réforme, etc.

Ou bien en allant poser des questions à l’aéroclub !

Mais il n’y a personne donc nous en resterons là et nous repartons vers Châtellerault, que nous traversons.

Nous sommes maintenant sur la D910, cette route est l’ancienne Nationale 10.

Port de Piles

Nous traversons la Creuse juste après Port de Piles. La Creuse allant se jeter dans la Vienne 3 km plus loin, vers l’ouest.

Le nom de Port-de-Piles vient de l'ancien latin Portus qui est ad pilas, signifiant le port qui est aux piles, en référence à des piles de pont ou de constructions antiques (gallo-romaines) situées au bord de la Creuse.

Ses habitants sont nommés les Port-de-Pilois et les Port-de-Piloises.

Puis 1 500 mètres après nous arrivons à La Celle Saint Avant où nous quittons le département de la Vienne pour entrer dans le département de l’Indre et Loire.

Nous remarquons un panneau spécifique faisant référence à l’ancienne Nationale 10.

Nous allons l’évoquer dans l’épisode suivant numéro 2, sur 6 !

 

Châtellerault et son mystérieux Fouga Magister
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